Le Bouscat avec Nicolas Sarkozy !

Comité de soutien local de l'Association Nationale des Amis de Nicolas Sarkozy

20 mars 2007

Ils seront 12, Bové qualifié de justesse

lefigaro.fr.

Publié le 19 mars 2007

Actualisé le 19 mars 2007 : 19h28

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Ils seront 12, Bové qualifié de justesse

 

Ils seront 12, Bové qualifié de justesse

 

Le leader altermondialiste a finalement recueilli de justesse les 500 signatures nécessaires.

Voici la liste officielle des candidats à l'élection présidentielle 2007. Ils ont tous réuni 500 signatures d'élus ou plus pour pouvoir y participer.

Cliquez sur le nom de chaque candidat pour accèder à sa fiche.
François Bayrou (UDF).

Olivier Besancenot (LCR).

José Bové (mouvement altermondialiste).

Marie-George Buffet (PCF).

Philippe de Villiers (MPF).

Arlette Laguiller (LO).

Jean-Marie Le Pen (FN).

Frédéric Nihous (CPNT).

Ségolène Royal (PS).

Nicolas Sarkozy (UMP).

Gérard Schivardi (soutenu par le PT).

Dominique Voynet (les Verts).

Ils ont jusqu'au 22 avril, date du premier tour, pour se départager. Et dès mardi, le Conseil constitutionnel veillera au respect de l'égalité de traitement entre les prétendants par les pouvoirs publics. (Consulter le calendrier de l'élection présidentielle)

Au total, les Sages ont reçu 16.900 parrainages, dont 16.615 ont été déclarés valables. Ce qui représente un taux d'invalidité des formulaires de l'ordre de 1,7%.

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17 mars 2007

Parrainages: la chasse est fermée

SOPHIE HUET ET OLIVIER POGNON.

Publié le 16 mars 2007

Actualisé le 16 mars 2007 : 22h18

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La chasse aux signatures est fermée depuis 18 heures, et le casting de l'élection présidentielle 2007 se précise.

Frédéric Nihous, le candidat de Chasse, Pêche, Nature et Traditions (CPNT), a ainsi déclaré devant le siège de l’institution de la rue Montpensier qu’il venait d’y déposer quelque 655 signatures d’élus. Il prendra donc bien la relève de Jean Saint-Josse qui avait recueilli 4,23% des voix au premier tour de 2002.

Nicolas Dupont-Aignan n’a pas eu la même réussite dans sa longue chasse aux signatures. Avec 450 parrainages, il échoue à 50 unités de la barre fatidique. Sur son blog, il regrette, amer, que "le régime des partis ait réussi à cadenasser le 1er tour de l’élection présidentielle". "Tout a été fait, je dis bien tout a été fait, pour m’empêcher de présenter aux Français ma vision de la France et de l'Europe", y ajoute-t-il.

Même verdict pour Nicolas Miguet, le leader du Rassemblement des contribuables français. Sur son site internet, il a annoncé n'avoir pu rassembler suffisament de parrainages, notamment à la suite de ses ennuis judiciaires. Il y appelle également "celles et ceux qui lui font confiance à voter pour François Bayrou". Rachid Nekkaz est lui aussi éliminé.

Quant à José Bové, le suspense devrait durer jusqu'à lundi, jour de la publication de la liste définitive des candidats. Le leader altermondialiste estime en effet avoir dépassé la barre fatidique, avec quelque 503 signatures, selon BFM-TV, mais doute que ce score soit suffisant. Il lui faut en effet compter avec les éventuelles irrégularités (formulaires non-signés, doublons, etc...). José Bové a dit avoir apporté en personne cent parrainages vendredi après-midi, mais selon un de ses collaborateurs s'exprimant sous couvert d'anonymat, il aurait déjà déposé 460 parrainages avant vendredi après-midi.

Comme José Bové, François Bayrou, Olivier Besancenot, Marie-George Buffet, Arlette Laguiller, Jean-Marie Le Pen, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, Gérard Schivardi, Philippe de Villiers Dominique Voynet, et Frédéric Nihous devront attendre la liste officielle des candidats que le Conseil constitutionnel doit publier lundi. En 2002, ils étaient 16 à concourir

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26 février 2007

Guaino, la plume de Sarkozy

CHARLES JAIGU.

Publié le 26 février 2007

Actualisé le 26 février 2007 : 08h46

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Avec Henri Guaino, le candidat de l'UMP veut conjuguer, en 2007, les campagnes que Balladur et Chirac firent séparément en 1995. <BR/>

Avec Henri Guaino, le candidat de l'UMP veut conjuguer, en 2007, les campagnes que Balladur et Chirac firent séparément en 1995.

«Le Figaro» commence aujourd'hui une série quotidienne de portraits consacrés à ceux qui, derrière les grands candidats, sont les principaux artisans de la campagne.

«J'AURAIS dû être journaliste. On m'aurait mieux payé, pour écrire beaucoup moins !», maugrée Henri Guaino, depuis son tout petit bureau du ministère de l'Intérieur. Il y campe depuis dix mois, à quelques couloirs du ministre-candidat. Au début, un discours par mois lui permettait de reprendre son souffle : Nîmes en mai, Agen en juin, puis Marseille, Périgueux, Charleville-Mézières. Depuis le 14 janvier, c'est une voire deux interventions par semaine qu'il faut préparer avec le candidat.

Cette semaine ? Un déplacement à Madrid, où Sarkozy doit parler devant des Français expatriés. Et une réunion publique à Bordeaux. Plume désormais installée en « Sarkozie » et salariée depuis un mois par le compte de campagne du candidat, ce « drôle d'oiseau » devrait rester juché sur l'épaule de Sarkozy jusqu'au bout, si tout va bien : « Après, on me jettera comme un Kleenex ! », prévoit-il. Lui qui, en cas de victoire de Sarkozy, rêverait de diriger une grande entreprise publique, si possible EDF.

À 50 ans, cet homme de haute taille a toujours l'air un peu gauche dans son immuable costume rayé. L'oeil noir, le teint bistre qui lui vient d'Arles, d'où il est natif et où il retourne souvent, il agite de grandes mains, prêt à ferrailler comme un capitaine Fracasse. Il admire les maréchaux d'Empire et le siècle des Lumières, pas les spéculateurs balzaciens.

« Après 1988, j'ai su comment on perdait une campagne »

On en oublierait qu'il est économiste de profession, tant il cite Malraux, Hugo, Jaurès... C'est cette plume tourmentée que Nicolas Sarkozy a voulue pour sa cam­pagne. Le présidentiable tempère ses colères, et écoute les remer­ciements de ce sentimental - « Tu redonnes un sens à ma vie », s'est enthousiasmé récemment Henri Guaino. Et si la réciproque était vraie ? À sa façon, il donne du « sens » à Sarko. « Tu vas voir, c'est Guaino qui va me faire gagner cette présidentielle », a confié Sarkozy à l'un de ses plus proches amis.

La rencontre entre les deux hommes n'a rien de surprenant : ils ont usé leurs guêtres dans les soutes du RPR. Mais sans fréquenter les mêmes écuries. Gaulliste fervent, Guaino a étrenné pour la première fois ses talents avec la présidentielle de 1988. Il était chargé par un certain Jean-Marie Messier de réécrire les interviews du candidat Chirac. « Après ça, j'ai su comment on perdait une campagne », raconte Guaino.

Sa détestation des « experts », façon Messier, Jean-Claude Trichet - qui fut brièvement son patron à la Direction du Trésor -, ou Alain Minc, date-t-elle de là ? En tout cas, Guaino, qui a raté trois fois l'ENA, n'est pas un homme qui entre dans le moule et il fait grise mine quand on lui rappelle que Minc, sa bête noire, soutient lui aussi Sarkozy.

Économiste, il s'est façonné une doctrine à contre-courant de la « pensée unique ». La politique du franc fort fut, selon lui, une faute morale. Pas étonnant, dès lors, qu'il rejoigne Philippe Séguin en 1992. Ensemble, ils bataillent contre le traité de Maastricht et écrivent « Le discours sur la France », l'un des meilleurs de la décennie, lu trois heures durant à l'Assemblée nationale. « Une campagne comme celle-ci n'aurait pas été possible avec Séguin. Il me réveillait à une heure du matin pour intervertir deux paragraphes. Nicolas me fait plus confiance. Il est plus serein », commente l'intéressé.

Puis vint novembre 1994. Jacques Chirac est au plus bas. Ils se voient à l'hôtel de ville. Guaino plaide pour une vraie rupture avec la ligne Balladur. Pour lui, seule « l'autre politique » peut sauver Chirac du désastre. Cette rupture-là se révélera une arme de guerre fatale pour Édouard Balladur, qui incarnera, désormais, l'orthodoxie et la continuité. Sarkozy, qui est dans le camp d'en face, retiendra la leçon. Une fois élu, Chirac dit à Guaino de passer le voir s'il a « quelque chose à lui demander ». L'orgueilleux Guaino ne daigne pas quémander. Il sera finalement nommé commissaire au Plan par le ministre de l'Économie (UDF) Jean Arthuis, puis « viré » par Lionel Jospin. À l'époque, il reçoit le soutien d'Emmanuel Todd, inventeur de la « fracture sociale », et de Régis Debray.

Guaino-Sarkozy, une alliance qui surprend

Car Guaino, cet intello de droite, aime fréquenter les « républicains des deux rives ». Il est vrai que sa vie ferait rosir de fierté les instituteurs, ces « hussards noirs » qu'il aime tant, et dont il ressuscite l'imagerie dans les discours de Sarkozy. Petit, à Arles, il se souvient du poêle à charbon qui fumait dans le fond de la classe, et des enfants en blouse bleue... L'école a donné sa chance à ce garçon qui n'a pas connu son père. Élevé par sa mère, femme de ménage, et par sa grand-mère, il se souvient qu'on ne le laissait pas aller à tous les anniversaires, parce qu'on « ne pouvait pas rendre ». C'est dans cette petite ville du Midi où règne la SFIO de Guy Mollet qu'il apprend la geste gaullienne.

L'alliance « Guaino-Sarko » surprend aujourd'hui. Que vient faire cet auteur d'un livre rageur sur La Sottise des modernes, séguiniste de toujours, chez l'ami du show-biz, le plus moderne des politiques ? Celui qui ne veut pas que l'on confonde Walt Disney et Molière passe le plus clair de son temps avec « Sarko l'américain » ? Justement, Guaino est venu accoucher Sarkozy de lui-même. Un Sarkozy républicain, ni atlantiste, ni communautariste, ni ultralibéral.

Et les sceptiques sont nombreux : « Guaino va à Sarkozy comme des lunettes à un canard, peste l'ex-pasquaien William Abitbol, c'est du bluff. » « Il est très difficile de concilier la France éternelle et l'euro-libéralisme », avance son ami Franck Borotra. Régis Debray, dans les colonnes du Monde, s'en prend au « communautariste » Sarkozy, qui n'aurait pour seule boussole que les sondages. Colère de Guaino, qui défend son héros : « Qu'est-ce qui est vrai ? Ce que l'on dit à 30 ans, à 40 ? Ou ce que l'on dit dans cette épreuve de vérité terrible qu'est la présidentielle ? Où est le vrai Régis Debray ? Celui qui refusait de serrer la main de De Gaulle dans la cour de l'École normale, ou celui qui a écrit, vingt ans plus tard, un des meilleurs livres sur de Gaulle ? »

Guaino plaide pour que l'on prenne au mot le candidat. « Ce qui est dit et répété a une cohérence », dit-il. Il sera en tout cas de ceux qui auront donné à Sarkozy la campagne qu'il veut faire. Pour retrouver les sensations de l'orateur et faire vibrer la foule venue pour écouter l'éloquence retrouvée, le discours simple, direct, compréhensible de Sarkozy s'est enrichi des cuivres et des violons. Parfois, raconte Sarkozy, Guaino en fait trop : « Pour préparer mon discours du 14 janvier, je lui ai montré le testament du frère Christian à Tibéhirine. Il m'a écrit une page entière, mais c'était trop fort, trop long. L'émotion vient de ce qui est évoqué, pas exposé. Nous avons fait dix versions pour obtenir l'effet recherché. » « Les gens qui disent que c'est Guaino qui pense et Sarkozy qui parle se trompent totalement », prévient François Fillon, qui a assisté à la préparation de plusieurs discours. « Méfiez-vous de Guaino, il est dangereux », a dit Édouard Balladur à Sarkozy. « Ne vous inquiétez pas, il ne m'emmènera pas où je ne veux pas aller », a répondu le candidat UMP, qui espère conjuguer, en 2007, les campagnes que Balladur et Chirac firent séparément en 1995.

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23 février 2007

Hortefeux : "un parrainage n’est pas un soutien "

Propos recueillis par Judith Waintraub.

Publié le 22 février 2007

Actualisé le 22 février 2007 : 20h06

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Dans un entretien à paraître vendredi dans Le Figaro, le ministre délégué aux Collectivités territoriales se dit favorable à une réflexion sur le parrainage des prétendants à l’Élysée.

Le Figaro. – A 21 jours de la date limite de dépôt des parrainages, seuls cinq candidats affirment disposer des signatures nécessaires. Vous avez déjà déploré cette situation. Que pouvez-vous faire de plus ?

Brice HORTEFEUX. – En tant que ministre des Collectivités territoriales, c’est-à-dire de tous les élus susceptibles d’être sollicités par un candidat, je veux leur rappeler un principe simple et clair : accorder un parrainage, ce n’est pas exprimer un soutien ni donner une consigne de vote. C’est tout simplement choisir de faire vivre la démocratie.

Pourquoi la France semble-t-elle être la seule en Europe à souffrir d’un tel dysfonctionnement ?

- Parce qu’elle est quasiment la seule en Europe à avoir érigé une barrière pour empêcher les candidatures fantaisistes aux élections majeures. Au départ, en 1962, quand le suffrage universel direct est devenu le mode de scrutin de la présidentielle, il a été décidé que les candidats devraient obtenir au moins cent signatures pour se présenter.

Les noms des signataires restaient secrets. Mais en 1976, Valéry Giscard d’Estaing a modifié ce système. Le nombre de candidats avait doublé entre 1965 et 1974, passant de six à douze. La crainte que cette tendance s’accentue a incité VGE à instaurer un nouveau seuil de 500 parrainages. Avec, cette fois-ci, publication des noms de 500 signataires, tirés au sort parmi tous les parrains d’un candidat. À l’époque, c’était une bonne solution.

Pourquoi ne l’est-ce plus ?
- Parce que les petits candidats ou, plus exactement, ceux peu ou pas représentés au Parlement, ont totalisé 25,5 % des voix en 1995 et 32,8 % en 2002. Parmi ceux qui s’étaient déjà présentés la dernière fois, et dans les rangs des nouveaux venus, certains ont démontré qu’ils incarnaient un courant d’expression, mais ils risquent d’être interdits de campagne faute de signatures.

Comment y remédier ?

- Pour l’avenir, une réflexion doit être engagée soit sur le nombre de parrainages, soit sur la publicité donnée à ses signatures. On pourrait aussi imaginer la création d’une voie d’accès alternative à la can­didature : le recueil d’un nom­bre signaficatif de signatures de citoyens, à l’instar de ce qui se fait en Autriche, au Portugal et en Finlande.

Les « grands » partis ne trouvent-ils pas plus d’avantages que d’inconvénients à la situation actuelle ?

- Les grandes formations démocratiques de notre pays doivent comprendre qu’elles ont tout intérêt à la confrontation des idées, et non pas à la fermeture du débat.

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21 février 2007

L'UMP cherche à contrer l'ascension du candidat centriste

LE MONDE | 20.02.07 | 14h50  •  Mis à jour le 20.02.07 | 14h56

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"Pas de panique." Tel est le mot d'ordre qui circulait, lundi 19 février, dans les coursives du QG de campagne de Nicolas Sarkozy. La divulgation de trois sondages soulignant un nouveau regain de popularité de François Bayrou ne devrait pas conduire - officiellement - l'UMP et son candidat à modifier leur stratégie d'indifférence vis-à-vis du président de l'UDF. Bayrou troisième homme ? Voire deuxième pour l'IFOP, qui confronte le président de l'UDF à un second tour hypothétique avec le candidat de l'UMP. Dans ce cas le premier l'emporterait avec 52 % des suffrages contre 48 %.

Pas de panique, donc, mais une certaine inquiétude. Le "cas Bayrou" devrait être à nouveau discuté, mardi dans une réunion informelle autour de Claude Guéant, directeur de campagne du candidat de l'UMP. Depuis plusieurs jours, les élus de base sont demandeurs d'une stratégie, mais ils obtiennent toujours la même réponse : "Bayrou, c'est le problème du PS. On ne l'agresse pas, il fait partie de la grande famille de la droite." Lundi soir devant les parlementaires UMP, M. Sarkozy a maintenu cette ligne : "Je creuse mon sillon et j'avance mes propositions."

Dans cette "grande famille", on a toutefois de la mémoire, surtout chez les anciens compagnons du Béarnais. Ceux-ci ont collecté une série d'articles de presse (dont notamment du Monde) et de dépêches de l'AFP parus entre 1988 et 1991. Ces documents sont censés apporter la preuve que le leader centriste n'a pas toujours été engagé dans la "troisième voie" qu'il prône aujourd'hui. En 1988, quelques élus de l'UDF regroupés au Parlement au sein de l'Union du centre avaient accepté le jeu de "l'ouverture" proposé par Michel Rocard, le premier ministre d'alors. Pas M. Bayrou, qui désormais complimente Dominique Strauss-Kahn, en qui il voit un futur premier ministre au cas où il accéderait lui-même à l'Elysée.

En 1989, il écrivait dans la revue Démocratie moderne - une publication du Centre des démocrates sociaux (CDS) - que "deux grandes sensibilités - l'une plus autoritaire et conservatrice, l'autre plus démocrate et sensible aux évolutions - forment les deux piliers de l'opposition". En mars 1991, président du groupe UDF, il explique à Libération que le grand parti du centre dont il rêve déjà "ne sera pas la roue de secours du PS". "Ni de près ni de loin nous ne gouvernerons avec les socialistes", tonne-t-il. Quatre mois plus tard, il déclare au Quotidien de Paris que le rapprochement entre le PS et le PCF a "un aspect heureusement pédagogique pour tous ceux qui voulaient croire à la possibilité d'une entente avec le gouvernement socialiste".

"MESSE DU DIMANCHE"

Sans remettre en cause la possibilité pour un homme politique de changer de ligne, certains députés de l'UMP veulent instiller le doute sur la "sincérité" de ce revirement. "Au-delà de 15 %, Bayrou devient un problème, explique l'un deux, il faut donc l'effriter pour qu'il n'accède pas au second tour. Tous les moyens pour y parvenir sont les bienvenus."

Mais le niveau d'intentions de vote atteint désormais par le candidat de l'UDF sonne comme un échec pour la stratégie de M. Sarkozy. Celui-ci devra multiplier les messages à l'adresse de l'électorat naturel de M. Bayrou et de tous ceux qui seraient tentés de le rejoindre. Mercredi, à Strasbourg, le président de l'UMP devrait s'exprimer sur la moralisation du capitalisme : "C'est très bien, glisse Dominique Paillé, ancien centriste et député UMP depuis 2002. Le mot de moralisation évoque toujours la messe du dimanche pour un centriste."

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Point Presse

Ségolène Royal, la candidate qui dit OUI à tout le monde

Conférence de presse des porte-parole
Luc Chatel
Mardi 20 février 2007


La candidate socialiste veut satisfaire tout le monde sans mécontenter personne. Son comportement lors de l’émission de TF1 hier soir était frappant. Elle a dit OUI à tout le monde et à toutes les revendications. Au cours de l’émission, elle a déclaré à plusieurs reprises : « vous avez raison », y compris aux affirmations les plus extravagantes comme celles relatives aux faucheurs d’OGM ou au rétablissement des droits de douane. La candidate socialiste est vraiment dans une logique de satisfaire tout le monde. Une logique catégorielle qui contraste véritablement avec celle empruntée par Nicolas Sarkozy. La logique de Ségolène Royal diffère radicalement du projet de société que propose Nicolas Sarkozy. Le candidat de l’UMP est adepte de tout dire avant. Là où Ségolène Royal reste dans le flou, Nicolas Sarkozy entre dans le détail de ses propositions, expose sa méthode pour les mettre en œuvre et définit un calendrier.

Le programme de Madame Royal, une ode à l’assistanat
A force de promettre à tout le monde, la candidate socialiste s’est enfermée dans un certain nombre de contradictions fortes. Premier exemple : les retraites. D’un côté, elle explique qu’elle ne veut promettre que ce qu’elle peut tenir ; de l’autre elle annonce qu’elle va revaloriser les petites retraites de 5% tout de suite, puis promet de les augmenter chaque année pour atteindre à la fin de la législature le niveau du SMIC ; tout cela sans modifier, ni réformer le mode de financement des retraites. Les promesses de Ségolène Royal ne sont décidément pas tenables. Elles laissent sceptiques et dubitatifs tous les pays européens. Deuxième exemple : l’immigration. Elle affirme son opposition à toute régularisation massive. Dans le même temps, elle annonce son intention de régulariser au cas par cas les personnes sans papiers sur la base d’un certain nombre de critères (avoir un enfant scolarisé, travailler sans être déclaré, etc), qui aboutiront de facto à des régularisations massives. Autre exemple : elle revendique haut et fort son aspiration à une société de responsabilités, et non à une société de l’assistanat. Or, tout son programme contient des mesures nouvelles qui sont en faveur de l'assistance, notamment quand elle propose l’instauration d’un RMI Jeunes. Le programme et les idées de Ségolène Royal, c’est le retour des vieilles lunes socialistes, de l’assistance et de l’assistanat …Quant au financement de ses propositions, Ségolène Royal ne répond pas. Ni sur le financement de la protection sociale, ni sur le financement des retraites. La candidate socialiste ne nous dit pas la vérité.

L’intérêt des Français pour la campagne présidentielle
Depuis le début de cette campagne, on nous expliquait que les Français n'aimaient pas la politique, qu'ils en avaient assez. Emission après émission, on s'aperçoit que les Français s'intéressent à cette campagne présidentielle. Et c'est une bonne nouvelle. Les bonnes audiences de l’émission « J’ai une question à vous poser » sur TF1 confortent l’intérêt que les Français ont pour la politique en général et pour l’élection présidentielle en particulier. Elles témoignent également, et contrairement à ce que l’on a entendu ici ou là, de l’intérêt des Français pour les deux principaux candidats que sont Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal


A retenir dans l’agenda de Nicolas Sarkozy …

Mardi 20 février : intervention devant la fédération nationale des chasseurs
Mercredi 21 février : invité de Jean-Michel APHATIE sur RTL, à 7h50 puis déplacement à Verdun, suivi d’une réunion publique à Strasbourg où il prononcera un grand discours sur l’Europe
Vendredi 23 février : réunion publique à Perpignan
Dimanche 25 février : invité de la nouvelle émission d’Estelle Denis sur M6 à 17h40

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09 février 2007

Les mésententes littéraires de Ségolène Royal

lefigaro.fr. Publié le 08 février 2007

Actualisé le 08 février 2007 : 00h36

Colère chez les éditeurs : la candidate socialiste a fait annuler au dernier moment deux ouvrages d’entretiens sur le point de paraître.

Après Jack Lang, Ségolène Royal ? Selon les informations du journaliste du Nouvel Observateur Didier Jacob, publiées sur sonblog, la candidate socialiste a fait annuler deux ouvrages d’entretiens qui devaient paraître prochainement.

Jack Lang avait bloqué au dernier moment la parution de son autobiographie. Ségolène Royal a fait de même pour un livre d’entretiens avec la journaliste Pascale Amaudric, du Journal du Dimanche. Baptisé «Désirs d’avenir», il était prévu depuis 2004. Le but de l’ouvrage : faire mieux connaître celle qui briguait alors l’investiture socialiste pour la présidentielle.

Mais la sortie de l’ouvrage, pourtant terminé dès 2005, est ensuite constamment repoussée. La journaliste ne reçoit plus de nouvelles de Royal jusqu’en novembre 2006. La candidate nouvellement investie lui explique alors que «ce serait une bonne idée de relancer le livre». Mais en actualisant le texte et en adoucissant quelques passages trop «piquants» envers certaines personnalités socialistes.

Un second ouvrage écrit en parallèle

Pascale Amaudric se lance dans les corrections et transmet le manuscrit à la candidate. De nouveau, c’est le silence radio. La journaliste finit par obtenir une réponse , lors du déplacement de Royal à la Martinique. La candidate lui explique alors qu’elle a fait retirer son nom d’un autre livre, écrit avec Marie-Françoise Colombani.

Stupeur de Pascale Amaudric, qui n’était pas au courant de ce second ouvrage écrit en parallèle du sien, une chose très mal vue dans le monde de l’édition. Le second livre devait sortir chez Flammarion, dont la directrice, Teresa Cremisi, ne décolère pas. Elle révèle aujourd’hui au Nouvel Observateur que la candidate socialiste avait déjà annulé, il y a dix ans, un livre d’entretiens avec Philippe Sollers

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24 janvier 2007

L'UMP offre le gîte électoral aux élus UDF dissidents

LE MONDE | 24.01.07 | 14h15  •  Mis à jour le 24.01.07 | 14h16

n asile électoral : c'est ce que l'UMP vient d'offrir au député des Hauts-de-Seine Pierre-Christophe Baguet, transfuge de l'UDF qui a apporté son soutien à Nicolas Sarkozy. Cet élu, qui siège dans les rangs des non-inscrits depuis octobre 2006, était sous la menace de représailles du parti centriste. A la demande de Patrick Devedjian, il a obtenu, mardi 23 janvier, l'investiture officielle de l'UMP aux législatives de juin. "Il a pris des risques en nous rejoignant, il était normal de le soutenir", explique le maire d'Antony (Hauts-de-Seine).

Cette investiture se veut un "signe" à tous les parlementaires ou élus de l'UDF qui souhaiteraient rejoindre Nicolas Sarkozy plutôt que de suivre François Bayrou. L'UMP se montre aux petits soins pour eux. M. Baguet était présent au premier rang du congrès d'investiture de M. Sarkozy le 14 janvier, en compagnie de la sénatrice de la Loire-Atlantique Gisèle Gautier, qui, depuis décembre 2006, a succombé aux sirènes sarkozystes. Comme deux appeaux, ils semblaient dire à leurs anciens collègues : "rejoignez-nous".

"CHIMÈRES"

Le soutien de l'UMP pourrait bientôt concerner le député (apparenté UDF) des Yvelines Christian Blanc. Ce dernier n'a pas lâché d'une semelle le candidat de l'UMP lors de sa visite du pôle universitaire de Saclay, le 18 janvier. Le même jour, Gilles de Robien, seul ministre UDF du gouvernement et responsable du club de réflexion "anti-Bayrou", Société en mouvement, opposait "la sincérité" de M. Sarkozy aux "chimères" du candidat de l'UDF.

L'UMP s'intéresse de près au cas d'un autre élu centriste : le député et maire d'Issy-les-Moulineaux, André Santini. Celui-ci entretient des relations compliquées avec M. Bayrou et idylliques avec M. Sarkozy, qui a assisté à ses voeux de début d'année. M. Santini s'apprête à fonder avec M. Baguet et d'autres élus des Hauts-de-Seine un club afin de "savoir quel candidat porte le mieux nos valeurs humanistes". Une manière de reconnaître que M. Bayrou ne les a toujours pas convaincus.

Toutefois, les conseillers de M. Sarkozy mettent en garde contre une "stratégie agressive" vis-à-vis de M. Bayrou, dont la popularité s'accroît dans l'adversité. "S'il ne s'agit que de rallier des élus du 92, cela n'apportera pas une voix, fait valoir l'un d'eux. Et tant que Bayrou sera à 10 %, il tiendra ses troupes". Ancien élu centriste, Dominique Paillé préconise la négociation "le moment venu" avec l'UDF : "Le programme de l'UMP nous offre des marges de manoeuvre, dit-il, notamment sur la question de la proportionnelle".

M. Sarkozy n'a toujours pas dérogé à sa règle d'or de ne jamais parler de l'UDF, du moins en public, et de n'insulter ni son président ni ses électeurs. Preuve de ces bonnes dispositions : 28 des 30 députés centristes sont pour l'instant assurés de ne pas avoir à affronter de candidat UMP au premier tour des législatives de juin. Réciprocité ou prudence ? M. Bayrou n'a toujours pas annoncé les noms des candidats UDF qu'il compte présenter "dans toutes les circonscriptions".

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Saussez - Séguéla : Comment fabrique-t-on un candidat ?

Propos recueillis par Christophe Doré et Jean-Marc Gonin.

Publié le 22 janvier 2007

Actualisé le 22 janvier 2007 : 11h32

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Thierry Saussez parie sur la compétence, Jacques Séguéla sur la proximité.

Pour notre premier débat, les deux experts donnent leurs recettes et s'opposent sur le futur vainqueur de la campagne.

Ils ont été de (presque) toutes les campagnes. Jacques Séguéla, l'inventeur de «la force tranquille», qui ouvrit les portes de l'Elysée à Mitterrand, et Thierry Saussez, qui a conseillé Chirac, Juppé, Balladur et Sarkozy. Ils cosignent un ouvrage, La Prise de l'Elysée *, qui relate les campagnes à l'élection présidentielle depuis 1965, date de la première désignation du chef de l'Etat au suffrage universel. On y découvre anecdotes, coups, recettes et bides qui conduisirent les uns à la fonction suprême et les autres à l'exil politique, temporaire ou définitif, selon les cas. Ces deux orfèvres de la communication politique inaugurent notre série de débats de la présidentielle 2007 en s'affrontant sur le thème : comment fabrique-t-on un candidat ? Attention, bien que complices le temps d'un livre, les deux hommes ont de vraies différences sur l'art et la manière de se faire élire.

Le Figaro Magazine - Qu'est-ce qu'un bon candidat à la présidentielle ?

Jacques Séguéla - On le sent dès le départ. François Mitterrand disait : «Est élu l'homme (j'ajoute : la femme) qui raconte aux Français un morceau de leur grande histoire, à ce moment donné de leur histoire.» Il précisait : «A la condition expresse qu'il en soit le héros crédible.» Les études le disent vaguement, les sondages pas du tout. L'élection fait émerger une attente, comme un volcan qui entre en éruption avec plus ou moins de violence. Le bon candidat est celui qui sait y répondre. Pour Jospin, je me suis trompé. Ce n'était pas un très bon candidat. Je le regrette car il aurait fait un grand homme d'Etat.

Thierry Saussez - Tous les grands gestionnaires, ceux que j'appelle dans le livre les produits de l'offre : Balladur, Barre, Jospin, Juppé ont été des Premiers ministres excellents. Ils auraient fait probablement des présidents de la République très bons, mais ils ont été incapables, à un moment donné, de prendre les habits du candidat et d'aller vers la demande.

J. S. - En fait, il faut «incarner» la demande. Les équipes développent des arguments, mais c'est incarner qui compte : d'où la prépondérance du look.

Th. S. - Je crois qu'un bon candidat, spécialement aujourd'hui, c'est aussi celui qui incarne la puissance et la stature, la «présidentiabilité». Les Français votent en faisant confiance à une personne. Cela suppose que le candidat s'engage, qu'il incarne cette stature, cette puissance, en même temps que la proximité.

J. S. - Je vais citer des études, car les sondages favorables à Ségolène ne veulent rien dire. 56% des Français demandent que l'on comprenne leurs problèmes au quotidien. En revanche, seulement 17% demandent qu'un futur président assure une bonne représentation de l'Etat et de la France. Du temps de Mitterrand, les Français privilégiaient la représentation, mais il y a eu un tel désaveu de la politique, un tel repli sur soi que ça a radicalement changé. Les Français n'ont jamais été autant en attente d'amour.

Th. S. - Je ne tire pas les mêmes conclusions sur ces 56% des Français qui veulent qu'on s'occupe de leur quotidien. Tous les présidents de la Ve République, sans exception, ont été élus sur leur crédibilité personnelle, sur leur énergie et sur leur leadership. C'est une des raisons pour lesquelles je pense que Nicolas Sarkozy va réussir sa campagne et que je pense que Ségolène Royal est encore une question, une énigme.

Son look attire l'oeil...

J. S. - Ségolène, c'est la dame blanche, c'est le féminin, la pureté, la transparence, l'honnêteté. A 92%, les Français attendent de leur président honnêteté et transparence. Alors ça marche. En face, elle a l'homme en noir. C'est vrai que les hommes s'habillent en noir ! Sarkozy ne va pas se mettre en blanc... ce n'est pas le pape ! Tout cela joue. Deuxièmement, Ségolène, c'est un nouveau vocabulaire. Même quand elle parle de «bravitude», on la suit. Parce qu'on attend d'elle ce nouveau vocabulaire.

Vous conseillez ce genre de néologisme ?

J. S. - Bien sûr ! Nous n'écrivons pas les phrases des candidats, mais nos premiers conseils, c'est : soyez vous-même, cultivez votre différence et cultivez votre vocabulaire. Chirac n'a jamais eu de vocabulaire à lui. Elle, elle a celui du moment. Regardez le discours de Sarkozy : «je fais», «je veux», «je ferai»... Directement inspiré de Kennedy, totalement démodé. Il ne correspond pas à l'attente du moment.

Revenons à la «fabrication» du candidat. Comment donner l'envie de voter pour lui ?

J. S. - Un candidat est une marque. Même si cela ne lui plaît pas. Et une marque, c'est un équilibre entre la confiance et le désir. Sarkozy est arrivé avec 100% de confiance. Il a imposé sa méthode. Maintenant, c'est «super-flic». Je ne dis pas que Ségolène est mieux lotie. Elle est arrivée avec 100% de désir ! Celui qui rétablira l'équilibre entre désir et confiance va gagner. Regardez Sarkozy, il est affable, il sourit, il n'a plus ses rictus. Il est dans la course au désir, ce qui est difficile quand on est un superhéros. Ségolène aura quant à elle des difficultés en matière de crédibilité. Mais, mine de rien, sur le côté international - sa plus grosse lacune - ce n'était pas si mal. Car que retiennent les Français ?...

Th. S. - Qu'elle prend l'avion !

J. S. - Ils retiennent que l'un est en Corse...

Th. S. - Pour bosser, pendant que l'autre fait du tourisme en Chine.

J. S. - Elle cultive son imaginaire. Car on vote d'abord pour un imaginaire, et puis après pour une raison ! Le vote est une passion. C'est une folie d'en faire une raison. C'est parce que Jospin a été raisonnable qu'il a perdu. Et parce que Chirac a été passionné qu'il a gagné !

A quoi sert un bilan ?

J. S. - A rien. Les Français n'ont ni mémoire ni reconnaissance. Mais ils sont prêts à pardonner tous les échecs si vous leur promettez ce qu'ils attendent de vous. C'est pour cela que Mitterrand a été réélu. Les Français votent pour une idée, pas pour une idéologie. Quand je dis une idée, je veux dire à la façon gaullienne : une certaine idée qu'on se fait de la France.

Th. S. - J'ai une différence d'appréciation sur ce qu'on appelle le bilan. Je pense qu'il y a une trilogie dans la perception du candidat, et c'est celle-là qui est la plus profonde. D'abord on va faire confiance à une personne. Ensuite on va être séduit par un parcours, car des actes lourds marquent la mémoire collective. Et puis il y a la vision, le projet, quelle France on va construire ensemble.

J. S. - Evidemment que le parcours compte, mais plus que le parcours, il y a l'enracinement. De Gaulle était de Colombey-les-Deux-Eglises ; Mitterrand, de Château-Chinon ; Chirac, de la Corrèze. Ségolène est à la fois de son Poitou et parisienne. Et Sarkozy ? Il est de Neuilly ! Il n'arrive pas à passer de l'autre côté. C'est pour cela que Ségolène est plus proche des Français.

A quoi sert un programme ?

J. S. - De quoi se souvient-on chez François Mitterrand ? De la force tranquille ! Personne n'est capable de citer une des 110 propositions. Le programme est nécessaire mais pas suffisant. L'élection se joue sur trois, quatre idées, pas plus.

Th. S. - Nous touchons là à notre désaccord le plus fort. Jamais les Français n'ont été plus lucides sur la situation de ce pays et le besoin de changement. Je pense donc que la vision, le projet, le contenu programmatique comptent.

Est-ce qu'on peut changer une image avec des coups, comme la pomme de Chirac, par exemple ?

J. S. - C'est de la forme qui ne marche que si elle s'accroche à un fond solide. Dans le cas de Chirac, pourquoi la pomme a-t-elle marché ? Parce qu'il caresse le cul des vaches et parce qu'il est la France profonde.

Th. S. - Et parce que les Guignols l'ont remis tous les soirs pendant des semaines !

J. S. - Et alors ? S'il y a inadéquation entre le fond et la forme, ça ne marche pas.

Th. S. - Ce qui se fait sur des contre-pieds, des changements de stratégie en cours de campagne ne marche pas. Je ne connais qu'un cas d'évolution d'image réussie, mais dans la durée, c'est Chirac en 1995. Les Parisiens disaient de lui : c'est un homme dynamique et un bon maire, mais en province, les Français le voyaient comme un agité. En 1993, en manque de crédibilité, il s'est lancé dans la campagne présidentielle. Pendant deux ans, il a fait un travail de labourage, d'écoute. Et il a gagné.

Mais Chirac a de l'endurance...

J. S. - Une campagne est une épreuve physique et mentale. Est élu le sportif de haut niveau.

Th. S. - Ce n'est pas un marathon, c'est un 100 kilomètres !

En privé, Ségolène Royal est décrite comme plus cassante que ce qu'elle montre à la caméra.

J. S. - Les Français n'ont pas peur d'une main de fer dans un gant de velours. Cette force de caractère est une chance...

Th. S. - Pour l'instant, elle ne l'a pas montré. J'ai senti néanmoins, pendant le pseudo-débat du Parti socialiste, une fragilité qui pourrait devenir une faille. Elle déteste être interrompue, être coupée et même relancée par un journaliste. Cette fragilité caractérielle pourrait devenir un handicap.

Quelle mutation doit opérer un candidat entre les deux tours ?

J. S. - On n'a pas le temps. L'élection se gagne au premier tour.

Th. S. - Entre les deux tours, il faut arriver à garder la dynamique de campagne, continuer à mobiliser, être très présent sur le terrain, obtenir des ralliements. Et il faut tout de même passer l'épreuve du débat contradictoire. Ce sera plus compliqué pour Ségolène Royal que pour Nicolas Sarkozy.

* La Prise de l'Elysée, Plon, 265 p., 18 euros

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18 janvier 2007

Patrimoine : l’opération transparence des candidats

Lefigaro.fr avec AFP. Publié le 17 janvier 2007

Actualisé le 17 janvier 2007 : 19h21

logo FIGARO

Pressés par la divulgation de la déclaration de patrimoine de Ségolène Royal, les états-majors politiques se bousculent pour publier au plus vite celles de leurs candidats.

«Vous êtes le quatre-vingtième à appeler ce matin…», soupire, agacé, un attaché de presse. La déclaration de Ségolène Royal, qui a publié mardi soir son patrimoine pour couper court aux rumeurs, a transformé les sièges de campagne en cellules de crise.

Dès mercredi matin, Dominique Voynet, la première, publie la liste de ses biens : deux maisons, dont une qu'elle n'a pas fini de payer, et une Twingo qui roule au GPL. Quelques instants après, Corinne Lepage, qui paye l’ISF, faisait de même.

A l’UDF, on assure que «bien entendu», François Bayrou publiera sa déclaration de patrimoine «incessamment». Dans la journée ? «Dans les heures qui viennent». On sait déjà que selon son entourage, François Bayrou «ne paie pas l'ISF». En fin de journée, le leader centriste précise qu'il possède avec sa femme une résidence principale à Bordères, dans les Pyrénées-Atlantiques, acquis entre 1978 et 2002 pour un total de 65.357 euros et estimée aujourd'hui à 426.000 euros, plus un appartement parisien estimé à 179.890 euros. Il faut ajouter les biens de sa ferme , environ 120.00 euros, et deux voitures, une Toyota Previa de 1995 et une Peugeot 307 de 2001, estimées à 5.000 euros. Au total, son patrimoine est estimé à 607.000 euros.

Tempête de déclarations
Difficile de joindre quelqu’un au siège de l’UMP. La réponse viendra en milieu de matinée. Lors d’une conférence de presse au QG de campagne, les porte-parole du candidat de la majorité lèvent un coin du voile : Nicolas Sarkozy «paye l’ISF depuis un an» et «transmettra sa déclaration dans quelques jours». En visite au Luxembourg, Ségolène Royal a demandé à son rival de le faire «dans la journée».

Les autres candidats finiront presque tous par donner une réponse. On a ainsi appris dans la journée que :

- Philippe de Villiers «ne paie pas et n'a jamais payé» l'ISF et évalue son patrimoine à environ 540.000 euros. Il possède une propriété en Vendée (350.000 euros), un studio à Paris (140.000 euros), des meubles évalués (47.000 euros). Il a deux voitures, une 607 et une 307 Peugeot.

- Marie-George Buffet loue «un appartement au Blanc-Mesnil. Elle possède une petite maison en Bretagne dont elle n'a pas fini de rembourser le crédit. Elle n'est pas sous le coup de l'ISF».

- Olivier Besancenot est «copropriétaire depuis 2004 d'un appartement de 55 m2 dans le XVIIIe arrondissement de Paris: la valeur de son patrimoine est de 37.000 euros. Pas de valeurs mobilières. Il a acquis une Peugeot 106 en 2001, il a comme seul revenu son salaire de la Poste d'un montant mensuel de 1.000 euros nets. Il n'est donc pas soumis à l'ISF».

- Arlette Laguiller bénéficie quant à elle d’une «retraite mensuelle totale de 2.276 euros. Pas de biens immobiliers ou actions. 3.000 euros sur un Livret A, 1.650 euros en épargne logement, 405 euros en Codevi, environ 8.000 euros sur compte courant au 17 janvier. Une Renault Clio achetée en 2000».

Posté par gwen erwan à 01:39 - Brèves de campagne - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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