28 janvier 2007
Coup de gueule !
Royal piégée, Sarkozy indigné
Le Journal du Jura du 28/01/2007
Ségolène Royal a été piégée par un humoriste qui s'est fait passer pour le premier ministre du Québec. Réactions indignées de Nicolas Sarkozy et du maire de Bastia, mais pour des raisons opposées.
L'humoriste, Gérald Dahan a appelé mercredi la candidate PS en se faisant passer pour Jean Charest, après de premières déclarations controversées de la candidate sur le Québec, et lui a lancé, dans un passage diffusé sur RTL: «C'est comme si nous, on disait ‹il faut que la Corse soit indépendante›». Ségolène Royal a alors répondu en riant aux éclats: «Les Français ne seraient pas contre, d'ailleurs. Ne répétez pas cela. Cela va encore faire un incident, ce coup-là en France. C'est se-cret.»
En visite dans le département de la Vienne, Nicolas Sarkozy s'est dit «consterné». «Si c'est une plaisanterie, elle est de mauvais goût. Pour moi, la Corse ce n'est pas un sujet de plaisanterie, spécialement quand je parle avec le premier ministre d'un autre pays», a dit le candidat UMP.
Le maire de Bastia Emile Zuccarelli, qui soutient la candidature de Ségolène Royal, a également exprimé son indignation. Mais il a dénoncé le procédé consistant à solliciter des déclarations sous une fausse identité et sous couvert d'un entretien confidentiel, avant de les publier partiellement. «Ce n'est que la provocation d'un humoriste qui ne fait pas mystère de sa proximité avec Nicolas Sarkozy», dit-il, dénonçant dans un communiqué un «coup bas». Pour le reste, dit Emile Zuccarelli, Ségolène Royal s'est exprimé clairement sur les problèmes corses lors d'une visite sur l'île l'été dernier.
Gerald Dahan s'était fait connaître en piégeant de manière similaire au téléphone Zinedine Zidane et Raymond Domenech, se faisant passer au téléphone pour Jacques Chirac avant le match Irlande-France en septembre 2005. Il avait obtenu des «Bleus» qu'ils mettent la main sur le cœur lors des hymnes. (ats)
L'affrontement se durcit entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy
L'Express du 28/01/2007
Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ont engagé un affrontement personnel dans la campagne présidentielle sur fond "d'affaires", alors que François Bayrou perce dans les sondages à droite et que José Bové s'apprête à se lancer dans la course à gauche.
Le candidat UMP et ses proches multiplient les attaques sur le thème de la supposée "légèreté" de Ségolène Royal, prenant appui sur ses déclarations jugées maladroites en matière de politique étrangère ou de défense et sur une évocation humoristique de l'indépendance de la Corse suscitée par un imitateur lors d'un canular téléphonique mercredi dernier.
Fustigeant un "système clanique au service d'un candidat", la championne du PS et son équipe répliquent en mettant en cause l'utilisation des moyens de l'Etat par l'UMP pour faire campagne et les enquêtes menées par les Renseignements généraux sur au moins deux des proches de la candidate, son frère Antoine et l'écologiste Bruno Rebelle.
En déplacement aux Antilles, la présidente de la région Poitou-Charentes a fait mine de se tenir loin des attaques personnelles. "Mon pire ennemi c'est la médiocrité, j'éprouve vraiment une souffrance physique quand j'y suis confrontée. Aidez-moi à me soustraire à la médiocrité du débat politique!", a-t-elle lancé samedi à ses partisans à la Guadeloupe.
Nicolas Sarkozy a usé du même argument vendredi soir dans la Vienne. "Si certains veulent tirer la campagne vers le caniveau, je ne les suivrai pas", a-t-il dit dans un meeting à Poitiers.
Stratégiquement, les deux rivaux pourraient avoir marqué des points ces derniers jours.
IRRUPTION DE BAYROU ?
Aux Antilles, réservoir de 600.000 voix où la radicale Christiane Taubira, aujourd'hui ralliée à elle, avait remporté un succès et bousculé Lionel Jospin en 2002, Ségolène Royal a rencontré l'emblématique Aimé Césaire et fait l'union autour d'elle des élus de gauche, majoritaires dans ces îles.
Dans ces départements très pauvres, la socialiste a insisté sur les problèmes de logement. Coïncidence favorable, elle a obtenu samedi de son parti l'exclusion du président de la région Languedoc-Roussillon Georges Frêche, sanctionné pour ses propos sur la proportion de noirs en équipe de France.
De son côté, Nicolas Sarkozy a commencé à chasser sur les terres de la gauche, n'hésitant pas à se réclamer de Jean Jaurès dans ses discours et martelant des propositions concernant le pouvoir d'achat des classes sociales les plus pauvres.
Selon un sondage CSA publié dimanche par le Parisien, le président de l'UMP est crédité d'une meilleure entrée en campagne que sa rivale, 57% des personnes interrogées la jugeant plus "solide", 52% plus "précise", 45% plus "crédible".
La candidate PS l'emporte pourtant sur d'autres points, 40% la jugeant davantage que Nicolas Sarkozy "proche des préoccupations (quotidiennes)" et 42% davantage "moderne".
Les enquêtes d'opinion semblent montrer aussi que le candidat UDF François Bayrou profite du durcissement de l'affrontement Royal-Sarkozy, en passant la barre des 10% d'intentions de vote dans la plupart des sondages de janvier.
Selon une enquête publiée par le Journal du dimanche, 75% des personnes interrogées jugent François Bayrou "courageux", 46% estiment qu'il "propose des solutions nouvelles" et 37% lui voit "la stature d'un homme d'Etat".
Le candidat centriste renvoie dos à dos dans ses discours le PS et l'UMP mais a été particulièrement virulent pour fustiger les enquêtes des RG sur les proches de Ségolène Royal.
Pour Nicolas Sarkozy, cette donnée neuve pourrait compliquer la campagne, d'autant qu'à l'autre extrémité de l'échiquier politique, Jean-Marie Le Pen est toujours situé haut dans les sondages, entre 10 et 15% des intentions de vote.
A gauche, la donne paraît moins gênante pour le PS mais devrait se compliquer jeudi avec la probable entrée dans la course de José Bové. "Tous les clignotants sont favorables", a dit dimanche à Reuters un des ses proches, Roland Mérieux.
Cette candidature s'ajouterait à celles de la communiste Marie-Georges Buffet, des trotskystes Olivier Besancenot, Arlette Laguillier et Gérard Schivardi et pourrait aussi concurrencer celle de l'écologiste Dominique Voynet








