Le Bouscat avec Nicolas Sarkozy !

Comité de soutien local de l'Association Nationale des Amis de Nicolas Sarkozy

24 janvier 2007

Boisclair (leader du Parti Québecois) reçu par Sarkozy (président de l'UMP)

Presse Canadienne, Cyberpress.ca, le mercredi 24 janvier 2007

Contrairement à son adversaire Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy s'est bien gardé d'évoquer la situation politique canadienne après avoir reçu mercredi à Paris le chef péquiste André Boisclair.

Les deux hommes se sont rencontrés en début de soirée au quartier général du patron de l'UMP, près des grands boulevards et de la rue Saint-Denis. Prévu pour durer une quinzaine de minutes, l'entretien s'est prolongé pendant trois quarts d'heure, comme n'a pas manqué de le faire remarquer l'entourage d'André Boisclair.

La rencontre avec Nicolas Sarkozy survenait 48 heures après celle (plus brève mais beaucoup plus polémique) que le chef de l'opposition a eu lundi avec Ségolène Royal.

Laissant son adversaire socialiste se débattre avec la tempête provoquée par sa déclaration maladroite sur la souveraineté, le ministre de l'Intérieur s'est bien gardé de la commenter. Et c'est sans s'arrêter, son habituel sourire aux lèvres, entouré de ses gardes du corps, qu'il a fendu la petite foule de journalistes qui l'attendait dans l'entrée de l'immeuble, au sortir de son rendez-vous avec le leader souverainiste.

André Boisclair n'a rien dit du contenu de sa conversation avec le possible successeur de Jacques Chirac. Il s'est contenté de répéter qu'il était honoré que Nicolas Sarkozy ait pu «passer du temps» avec lui en dépit de «l'horaire de fou» que lui impose la campagne électorale.

«M. Sarkozy est quelqu'un qui comprend bien les enjeux québécois, qui est bien au fait de la situation québécoise», a estimé M. Boisclair, qui a quitté Paris pour Bordeaux quelques minutes plus tard, non sans avoir trouvé un moment pour accorder une entrevue en direct à la chaîne d'information LCI depuis la garde Montparnasse.

Nicolas Sarkozy connaît bien le Québec. En raison de certaines de ses amitiés dans les milieux financiers et politiques canadiens, on le considère généralement comme un partisan de l'unité canadienne.

Depuis la déclaration de Mme Royal, les partisans et les proches de Nicolas Sarkozy ont attaqué la socialiste avec une joie sadique, critiquant sa «légèreté» et son «inexpérience» en matière de relations internationales, ou la comparant à Gaston Lagaffe. Nicolas Sarkozy n'est intervenu à aucun moment dans cette polémique.

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Sarkozy veut s'inspirer du CNE pour un contrat unique

L'Express mercredi 24 janvier 2007, mis à jour à 20:43

Nicolas Sarkozy a déclaré mercredi, lors d'une rencontre avec des patrons de PME, qu'il entendait s'inspirer du "contrat nouvelle embauche" (CNE) pour créer un contrat de travail unique s'il était élu le 6 mai à la présidence de la République.

"Le CNE est un progrès, il ne faut pas y toucher", a déclaré le ministre de l'Intérieur et candidat de l'UMP lors de cette rencontre organisée par la CG-PME dans un théâtre parisien.

Le CNE, pour le moment réservé aux entreprises de moins de 20 salariés, prévoit une période d'essai de deux ans et rencontre un certain succès auprès des PME.

Il est contesté par la gauche et les syndicats et avait inspiré le "contrat première embauche" (CPE) réservé aux moins de 26 ans, que le Premier ministre Dominique de Villepin a dû retirer sous la pression de la rue.

"Je garderai l'intérim et les contrats de projet (...) mais le contrat de travail unique inspiré du CNE est une occasion de simplifier beaucoup le droit du travail français", a ajouté Nicolas Sarkozy.

Il a précisé plusieurs autres de ses propositions, dont son projet de franchise sur les soins médicaux, qu'il préfère à une éventuelle franchise d'un euro sur chaque boîte de médicament, pour "responsabiliser les patients".

"Je propose une franchise sur les 10 premiers euros de consultation médicale annuelle, les 10 premiers euros de consommation de médicament annuelle, les 10 premiers euros d'examens biologiques annuels et même les 10 premiers euros annuels d'hospitalisation", a-t-il déclaré.

Il a réaffirmé que tout versement d'un minimum social devait avoir pour contrepartie l'exercice d'une "activité minimum".

"Je considère qu'il faut augmenter les indemnités de chômage pour les petits salaires mais (...) je demande qu'après deux ou trois refus d'un emploi qui correspond à votre qualification, la question de la pérennité des allocations chômage soit posée", a ajouté Nicolas Sarkozy.

Devant ce public de chefs d'entreprises, Nicolas Sarkozy a de nouveau exposé sa conception de la morale en économie.

SARKOZY TACLE ROYAL

"Il y a des choses que je n'accepte pas, notamment que des comportements invraisemblables caricaturent les idées qui sont les nôtres pour le plus grand bonheur d'une gauche qui ne partage pas ces mêmes idées", a-t-il déclaré.

"Les gros salaires, ça ne me gêne pas du tout à la condition qu'ils viennent rémunérer un gros risque ou un gros travail", a-t-il poursuivi. "Un gros salaire sans gros risque et sans gros travail, je ne suis pas d'accord."

"Qu'un chef d'entreprise qui a réussi ait la récompense de cette réussite, ça me va très bien. Qu'un patron qui a échoué s'en trouve récompensé, ça ne me va pas du tout parce que je ne crois pas à un capitalisme qui n'a pas d'éthique et qui n'a pas de morale", a-t-il ajouté en évoquant les "golden parachutes" accordés à des patrons de grands groupes. "Ce qui me gêne (...) c'est que ça travestit nos idées, c'est que ça présente nos idées sous un jour qui sert les adversaires de ces idées."

Nicolas Sarkozy s'est également dit en désaccord avec la distribution de stock options au seul niveau dirigeant - "La richesse d'une entreprise c'est tout le monde."

Il s'en est pris au passage à la candidate socialiste Ségolène Royal, qui avait décliné l'invitation de la CGPME.

"Je comprends que quand on n'a pas grand chose à dire ça soit difficile de rencontrer des chefs d'entreprise", a-t-il dit. "Je ne doute pas qu'après avoir beaucoup réfléchi, beaucoup écouté, elle finira par avoir des idées, quand même. Les idées, il vaut mieux les avoir avant le 6 mai. Après, ça risque d'être trop tard."

En partant, il a lancé une dernière pique à Ségolène Royal.

Interrogé par des journalistes sur un article du Canard Enchaîné faisant état d'enquêtes des renseignements généraux sur l'entourage de la candidate socialiste - ce qu'il nie catégoriquement - le ministre de l'Intérieur a répondu : "Cette enquête est sur qui ? Sur quoi ? Pour chercher son programme ? Ce n'est pas une enquête, c'est une exploration !"

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Interview de Nicolas Sarkozy

Le Monde, Mardi 23 janvier 2007

Propos recueillis par Claire Guélaud, Arnaud Leparmentier et Philippe Ridet



Quelle est la première de vos priorités économiques ?

-La priorité des priorités est de revaloriser le travail. La crise morale française porte un nom : c'est la crise du travail. C’est lui qui est créateur d’emplois, et pas le partage du travail. Le travail crée le travail. Il faut donc récompenser le travail, créer de l’activité, favoriser la croissance. Et ce sont les réformes qui feront la croissance, pas les économies budgétaires. Notre premier grand problème est celui du pouvoir d’achat. Pourquoi avons-nous, depuis quinze ans, un taux de croissance inférieur de 1% à celui des meilleurs des pays libres ? Parce que les salaires sont trop bas, les charges trop lourdes, la pression fiscale trop élevée. Les 35 heures ont servi de prétexte à la rigueur salariale et creusé le déficit de l’Etat. 17 des 22 milliards d’allègements de charges servent à les payer.



Comment redonnerez- vous du pouvoir d’achat aux Français ?

-Je propose une véritable révolution économique. On ne peut pas se dire Européen et se satisfaire de prélèvements obligatoires qui représentent 45,3 % du PIB, soit quatre points de plus que la moyenne de l’Union européenne à 15. Il faut que les Français en aient pour leur argent. On peut leur donner des prestations meilleures en dépensant moins. Si on réduit de 4 points nos prélèvements obligatoires, on rend 68 milliards d’euros aux Français : 2000 euros rendus aux Français par foyer et par an, y compris les retraités, et 4900 euros par foyer si on s’en tient à la France qui travaille.



Comment le faites-vous concrètement ?

-Nous le ferons en réduisant la fiscalité qui pèse sur le travail. Nous le ferons aussi en récompensant le travail supplémentaire. Tout est fait aujourd’hui pour décourager les entreprises d’en donner. J’estime qu’on a payé son dû à la sécurité sociale quand on a payé les cotisations pour la durée moyenne de travail. Je propose donc que les entreprises ne payent pas de cotisations sur les heures supplémentaires – ce sera une incitation à l’entreprise à en donner - et que le salarié ne paie pas d’impôt sur le revenu supplémentaire qu’il perçoit. Songez qu’un salarié rémunéré au SMIC qui fera 4 heures supplémentaires par semaine augmentera son revenu de près de 2000 euros par an. C’est un double bonus. Et l’Etat y trouvera son compte car lorsque les salariés ont plus de pouvoir d’achat, ils consomment davantage et les recettes de TVA augmentent.



Le Conseil constitutionnel semble avoir des réserves sur l’exonération de l’impôt sur le revenu...

-Je suis prêt à affronter ce débat tant il me paraît essentiel à la croissance française.



Avec Jean-Louis Debré, nommé entretemps président du Conseil constitutionnel ?

-J’ai la volonté de réhabiliter le travail. Cela n’a rien à voir avec la nomination du président du Conseil constitutionnel.

-Je veux également mettre fin à une injustice qui consiste à rémunérer différemment les heures supplémentaires : 10 % de plus dans les entreprises de moins de 20 salariés et 25 % dans les autres. Tout le monde doit avoir 25 %. Grâce à cette exonération sociale et fiscale, un smicard qui travaillerait 50 minutes de plus par jour sur la base de cinq jours travaillés gagnerait en plus 1980 euros net par an, 165 euros par mois. C'est considérable !



Peut-on réduire à ce point la dépense publique ?

-Trouver des économies est possible à condition de traiter de l’emploi dans la fonction publique. Avec les retraites des fonctionnaires, il représente 45 % du budget. Je fais mien l’objectif de ne pas remplacer le départ à la retraite d’un fonctionnaire sur deux. La moitié de la productivité ainsi gagnée doit servir à réduire les déficits, l’autre à augmenter le pouvoir d’achat des fonctionnaires. Il faudra aussi supprimer tous les organismes inutiles, comme le Conseil monétaire de la banque de France, et faire une révision systématique de tous les programmes : Nous ne voulons pas consacrer 5 milliards d’euros aux préretraites : nous voulons utiliser l’argent public pour créer de l’activité, pas pour empêcher les gens de travailler. Les 23 milliards de la formation professionnelle constituent un gisement de productivité considérable. Et il ne faut plus de minima sociaux sans contrepartie d’activité. Dans notre société les devoirs doivent être la contrepartie des droits.



Que ferez-vous sur l’université ?

-Nous proposerons un statut d'autonomie pour toutes les universités qui le désireront. Les universités qui accepteront de se réformer, auront des moyens supplémentaires.



Dans quelles dépenses de l’Etat providence peut-on tailler ?

-Je ne pense pas qu’il y ait matière à beaucoup d’économies dans la santé. Compte tenu de l’allongement de la durée de la vie, du progrès médical et de l’aspiration bien naturelle de nos concitoyens à vivre en bonne santé, l’investissement dans la santé sera forcément majeur.



Restez-vous favorable à une santé quasi totalement socialisée ?

-Je suis pour une santé basée sur la solidarité, mais nous n’éviterons pas de responsabiliser les patients. Il faut instaurer une franchise modeste par famille, et pas par individu, sur les premiers euros de dépenses annuelles en consultations médicales ou en examens biologiques. Je suis en revanche réservé sur le forfait de 1 euro sur les boîtes de médicaments, qui pénalise, c’est un comble, ceux qui sont le plus gravement malades.



Faut-il instaurer des cotisations maladie progressives, alors qu’elles sont aujourd’hui proportionnelles ?

-Je n’y suis pas favorable. Il faut essentiellement responsabiliser le patient. Tous les ans, il y aura un débat au Parlement : si l’objectif national de dépenses est respecté, on baissera la franchise. Si ce n’est pas le cas, on l’augmentera. Il y aura certaines exonérations, par exemple pour les ménages les plus modestes. Cette formule me semble infiniment plus utile que l’augmentation de la CSG, qui n’a aucune vertu pédagogique et pèse sur les prélèvements obligatoires.



Doit-on responsabiliser le corps médical ?

-Il l’est. La médecine libérale, qui ne représente que 15% des dépenses, a fait beaucoup d’efforts. Je propose deux réformes sur l’hôpital : celle de la gouvernance, car les hôpitaux ont besoin d’un patron, et celle de la carte hospitalière, mais sans s’inscrire dans une logique du tout ou rien. Je précise qu’il faut conserver des équipements de proximité. On peut avoir des regroupements d’établissement en gardant des sites géographiques différenciés.



Pouvez-vous préciser vos propositions sur la fiscalité ?

-J’ai déjà évoqué la fiscalité sur le travail. Je veux en outre que 95 % des Français soient exonérés des droits de succession. La vie est mal faite : quand on est plus âgé, on a moins de besoins et plus de revenus. Quand on est jeune, on a beaucoup de besoin et peu de revenus. Je crois à la mobilité du capital, du patrimoine. Le problème de la France, c’est qu’on hérite trop tard. Quand on a travaillé toute sa vie et qu’on a créé un patrimoine, on doit pouvoir le laisser en franchise d’impôt à ses enfants.



Faut-il exonérer les patrimoines jusqu’à 300 000 euros ?

- Qu’il faille un plafond, sûrement, mais je préfère m’en tenir à des principes. Je veux laisser prospérer le débat. Les socialistes veulent augmenter les impôts. Nous voulons les réduire. Voici l'un des grands débats de la présidentielle.



N’est-ce pas contradictoire avec l’idée qu’il faut accumuler pour la retraite ?

-La retraite, ce n’est pas un problème d’épargne mais de travail. Si cela vous intéresse de travailler jusqu’à 70 ans et de partir ensuite en vacances plutôt qu’acheter un appartement pour vos petits-enfants, c’est votre droit. Mais en travaillant davantage, vous contribuez à résoudre le problème de l’équilibre des retraites.



Soixante-dix ans est-ce un cap à fixer ?

-Non, le cap c’est la liberté. Il faut que celui qui veut travailler plus longtemps puisse le faire. Je souhaite une société du libre choix.



Faut-il garder la retraite à 60 ans ?

-Le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer, de même que les 35 heures continueront d’être la durée hebdomadaire légale du travail. Que ce soit un minimum, cela me va très bien. Ce que je n’accepte pas est que cela soit aussi un maximum. Quelle drôle d'idée que d'interdire aux Français de travailler plus pour gagner plus.



Réformerez-vous les stocks options ?

Je n’aime pas l’idée de stock options réservées à un petit groupe de cadres dirigeants. Je suis très tenté par l’idée de plans de stock options pour tous ou pour personne. Il faut aussi débloquer les fonds de participation. Je suis également très réservé sur les golden parachutes. Les gros salaires ne me choquent pas à condition qu’ils soient associés à un vrai risque. Pour prendre un exemple, Patrick Kron qui a redressé Alstom mérite un gros salaire. Son prédécesseur ne méritait pas de golden parachute.



Que ferez-vous de l’impôt de solidarité sur la fortune ?

-Il n’y aura pas de suppression de l’ISF si je suis président de la République. Il est normal que ceux qui ont les plus gros patrimoines paient davantage. En revanche, je crois à un bouclier fiscal à 50 % intégrant la contribution sociale généralisée (CSG) et la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS). Autrement dit, nul ne paiera au fisc plus que la moitié de ce qu’il a gagné. Il faut faire revenir les patrimoines et créer une nouvelle génération de capitalistes familiaux, qui investissent dans les PME et au service de l’emploi. J’entends donc donner à ceux qui paient l’ISF la possibilité de déduire de cet impôt, par exemple jusqu’à 50 000 euros, à condition de l’investir dans les PME. Je veux que tous ceux qui ont des projets puissent les financer et pas seulement dans la high tech ou dans Internet.



Sortirez-vous la résidence principale de l’assiette de l’ISF ?

-L'Etat n’a pas à arbitrer sur les choix d’investissement des Français. Surtout, on ne peut pas se plaindre de la faiblesse de l’actionnariat français et considérer qu’il faut payer l’ISF quand on achète des actions mais pas quand on a de l’immobilier.



Que faire néanmoins sur l’immobilier ?

-Grâce à l’inflation, les classes moyennes, il y a 40 ans, pouvaient aisément devenir propriétaires de leur logement. Elles ne le peuvent plus aujourd’hui. Ce n’est ni normal ni juste. Je veux une France où chacun puisse accéder à la propriété et propose que l’on puisse déduire 100 % des intérêts d’emprunt contracté pour l’acquisition de son logement de son impôt sur le revenu. Il n’y a aucune raison qu’on paie des impôts sur les intérêts qu’on verse. L’Etat, lui, doit mettre sa signature au service de celui qui n’a pas de caution – je suis pour un service public de caution – et en outre il faut supprimer la surprime imposée aux malades qui empruntent. Je veux aussi le crédit revolving c’est-à-dire donner la possibilité d’emprunter de nouveau à mesure que l’on rembourse ses emprunts. Une société qui emprunte est une société qui croit en l’avenir.



Doit- on augmenter le Smic ?

-Porter le Smic à 1500 euros, comme le proposent certains socialistes, ce serait un tout petit effort sur la durée de la législature. En réalité, tout en conservant le smic, il faut s’attaquer à l’écrasement des grilles salariales et faire un effort sur l’ensemble des salaires. Eux veulent l'augmentation du seul SMIC ; je préfère l'augmentation de tous les salaires grâce à l'augmentation de la quantité de travail.



La chancelière allemande Angela Merkel dit qu’il faut laisser la BCE hors de la politique.

-Je suis tout à fait d’accord. Mais si nous avons fait l’euro c’est pour faire une zone de croissance. J’ai confiance dans l’euro, mais la stratégie qui consiste à rester en permanence immobile sur les taux d’intérêt, c’est l’exemple inverse de ce qu’a fait Alan Greenspan aux Etats-Unis ou Gordon Brown en Angleterre avec le succès que l’on connaît. Il ne faut pas se priver de cet instrument décisif qu’est l’instrument monétaire, même si, s’agissant de la France, il ne nous dispensera pas de faire également des réformes structurelles.



Qu’entendez-vous par fiscalité écologique ?

-Il ne s’agit pas de mettre une taxe sur l’essence, mais d’instaurer une fiscalité différenciée pour les produits propres et les produits polluants. Actuellement, la fiscalité écologique représente 2,5% du PIB. Il faut passer à 5% en faisant payer les pollueurs. Il faut aussi négocier avec nos partenaires européens des taux réduits de 19,6 à 5,5 % de TVA par exemple pour les voitures propres, les bâtiments à haute qualité environnementale ou les travaux d’isolation de son pavillon.



Croire en la démocratie sociale et annoncer le vote en juin d’une loi sur le service minimum n’est-ce pas incompatible ?

-Je ne vois pas pourquoi ce serait incompatible. En quoi un service minimum qui est la contre partie d'un monopole, serait-il contraire à la démocratie ? Il existe déjà dans les hôpitaux, à la télévision. Je crois au droit de grève individuel, pas à la prise d’otages.



Avec la bonne conjoncture, le déficit budgétaire s’est réduit plus que prévu. Faut-il accélérer le retour de l’endettement sous la barre des 60% du produit intérieur brut ?

Ce qu’il faut, c’est en priorité faire des réformes. Ce sont elles qui apporteront la croissance et les économies. L’objectif en tout cas doit être atteint car un pays lourdement déficitaire met en danger son indépendance.



Le Pen aura-t-il ses signatures pour se présenter à la présidentielle ?

-C’est souhaitable, comme ce doit l'être pour tous les candidats qui représentent un courant de l’opinion. Je suis favorable à l'allongement du délai pour obtenir des signatures.



Est-ce que les difficultés de Ségolène Royal vous rendent optimiste ?

-Je veux mener une campagne positive, redonner de l’espérance. Pour que tout devienne possible, je n’attends pas que mon contradicteur ait des problèmes, même si cette campagne est bien sûr l’occasion pour chacun de révéler sa vraie nature.





La gauche vous accuse d’avoir capté son héritage en citant Jaurès, Blum et Zola ?

-Il n’y a pas d’histoire de gauche et d’histoire de droite. Il y a l’Histoire de France. La France, c’est une synthèse et ne pas le comprendre, c’est ne rien comprendre à la France. Voilà donc que François Hollande développe une lecture communautariste de l’Histoire. Je suis très heureux d’avoir redonné à la gauche le goût de Blum ! Je ne reconnais plus le socialisme de Mitterrand. Au moins, celui-là avait-il des lettres. Et quand l'ancien président allait parler de la mort avec Jean Guitton, est-ce qu’il se posait la question de savoir s’il était de droite ? Je me dois être à l'écoute de l’électorat de gauche quand il est à ce point trahi et abandonné dans ses valeurs par les actuels dirigeants socilaistes.

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Le candidat UMP veut promouvoir une "école de l’excellence"

CHRISTINE DUCROS.

Publié le 01 décembre 2006

Actualisé le 01 décembre 2006 : 21h52

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Favorable à l’autonomie des établissements, hostile au collège unique, le candidat veut déposer le bilan des ZEP et individualiser le parcours des élèves.

NICOLAS Sarkozy a bien compris que les Français n’avaient plus envie de badiner avec l’avenir de leurs enfants. L’éducation fait partie de leurs préoccupations quotidiennes. Pas de doute, elle sera aussi la sienne durant la campagne. Hier soir à Angers, il a détaillé sa vision « d’une école ambitieuse qui formera demain des citoyens éclairés ». Pour y parvenir, il va falloir engager des réformes qui vont bousculer le paysage scolaire français. Le ministre candidat, qui avait été le premier à se saisir, en février 2006 du débat sur la carte scolaire, n’a pas changé d’avis. Au contraire. S’inspirant de ce qui se passe dans la plupart des pays européens, il veut supprimer cette pratique qui, depuis 1963, contraint chaque élève français à suivre ses études dans l’établissement dépendant de son domicile. Le président de l’UMP propose que chaque famille ait désormais le droit de choisir l’établissement le mieux adapté au profil de son enfant. « Les parents doivent pouvoir retirer un enfant d’un collège qui n’assume pas sa protection, ni son avenir », a-t-il insisté. Avant d’expliquer qu’on ne pouvait obliger des enfants méritants à fréquenter des établissements médiocres pour afficher un semblant de mixité sociale et scolaire.

Chaque établissement aura aussi tout loisir de recruter des enfants vivant en dehors de son secteur. Décidément agacé par les errements d’une école qu’il juge à la dérive, le ministre veut aussi sortir « de l’impasse du collège unique. Il faut, martèle-t-il, rompre avec l’organisation uniforme des cycles où chaque élève ne finit par passer dans la classe supérieure qu’au bénéfice de l’âge et de la lassitude de ses enseignants ». Pour ne pas laisser trop d’enfants sur le bord du chemin, il s’engage à « individualiser les parcours et donner à chaque collégien la possibilité d’acquérir à son rythme ». Comme il l’avait déjà dit, Nicolas Sarkozy veut déposer « le bilan des zones d’éducation prioritaire ». Car, selon lui, en vingt-cinq ans, l’écart de niveau s’est aggravé entre les établissements de ZEP et les établissements ordinaires. Le ministre le déplore, mais il estime que dans ce domaine l’Éducation nationale a vraiment tout faux. « Là où il fallait mettre les meilleurs enseignants, nous y avons mis les moins expérimentés. Là où il fallait donner le plus d’espoir, nous avons anéanti les espérances. »

« Orphelins de 16 heures »

Il faut donc, selon lui, diviser par deux les effectifs des établissements les plus dégradés en répartissant les élèves en surnombre dans les établissements avoisinants et dépêcher sur place « des équipes volontaires, spécialement formées avec des enseignants expérimentés et dotées de moyens renforcés ». Il propose d’évaluer leurs performances d’ici trois ans. Dans lemême esprit, il veut créer des internats de réussite éducative pour que tous les enfants qui veulent réussir mais n’en ont pas forcément les moyens y parviennent à l’avenir. Surtout, il ne pense pas qu’on démocratise « l’école en abaissant le niveau des diplômes ». Il a au contraire l’ambition de transformer une école de la République à bout de souffle en « une école de l’excellence ».

Car Sarkozy a décidé d’en finir avec les 15 % des élèves de sixième qui ne savent ni lire ni écrire et les 160 000 élèves quittant chaque année l’école sans qualification. D’ailleurs, aux enseignants qui acceptent de faire du soutien scolaire, il promet des rémunérations en augmentation. La veille dans l’émission « À vous de juger » sur France 2, il avait renouvelé sa promesse d’une mesure pour changer la vie des familles dont les enfants rentrent seuls à 16h30. « Je veux mettre un terme à la solitude des orphelins de 16 heures. Je propose que toutes les familles de France puissent désormais laisser leurs enfants entre 16 et 18 heures à l’école. Leurs écoliers ne rentreront qu’une fois leurs devoirs faits. » Une mesure qui mobilisera beaucoup d’enseignants et pourrait se révéler onéreuse. Faux pour le candidat et ministre de l’Intérieur, « car personne n’a chiffré ce que ça coûte de laisser des jeunes apprendre quotidiennement la loi de la rue ».

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L'UMP offre le gîte électoral aux élus UDF dissidents

LE MONDE | 24.01.07 | 14h15  •  Mis à jour le 24.01.07 | 14h16

n asile électoral : c'est ce que l'UMP vient d'offrir au député des Hauts-de-Seine Pierre-Christophe Baguet, transfuge de l'UDF qui a apporté son soutien à Nicolas Sarkozy. Cet élu, qui siège dans les rangs des non-inscrits depuis octobre 2006, était sous la menace de représailles du parti centriste. A la demande de Patrick Devedjian, il a obtenu, mardi 23 janvier, l'investiture officielle de l'UMP aux législatives de juin. "Il a pris des risques en nous rejoignant, il était normal de le soutenir", explique le maire d'Antony (Hauts-de-Seine).

Cette investiture se veut un "signe" à tous les parlementaires ou élus de l'UDF qui souhaiteraient rejoindre Nicolas Sarkozy plutôt que de suivre François Bayrou. L'UMP se montre aux petits soins pour eux. M. Baguet était présent au premier rang du congrès d'investiture de M. Sarkozy le 14 janvier, en compagnie de la sénatrice de la Loire-Atlantique Gisèle Gautier, qui, depuis décembre 2006, a succombé aux sirènes sarkozystes. Comme deux appeaux, ils semblaient dire à leurs anciens collègues : "rejoignez-nous".

"CHIMÈRES"

Le soutien de l'UMP pourrait bientôt concerner le député (apparenté UDF) des Yvelines Christian Blanc. Ce dernier n'a pas lâché d'une semelle le candidat de l'UMP lors de sa visite du pôle universitaire de Saclay, le 18 janvier. Le même jour, Gilles de Robien, seul ministre UDF du gouvernement et responsable du club de réflexion "anti-Bayrou", Société en mouvement, opposait "la sincérité" de M. Sarkozy aux "chimères" du candidat de l'UDF.

L'UMP s'intéresse de près au cas d'un autre élu centriste : le député et maire d'Issy-les-Moulineaux, André Santini. Celui-ci entretient des relations compliquées avec M. Bayrou et idylliques avec M. Sarkozy, qui a assisté à ses voeux de début d'année. M. Santini s'apprête à fonder avec M. Baguet et d'autres élus des Hauts-de-Seine un club afin de "savoir quel candidat porte le mieux nos valeurs humanistes". Une manière de reconnaître que M. Bayrou ne les a toujours pas convaincus.

Toutefois, les conseillers de M. Sarkozy mettent en garde contre une "stratégie agressive" vis-à-vis de M. Bayrou, dont la popularité s'accroît dans l'adversité. "S'il ne s'agit que de rallier des élus du 92, cela n'apportera pas une voix, fait valoir l'un d'eux. Et tant que Bayrou sera à 10 %, il tiendra ses troupes". Ancien élu centriste, Dominique Paillé préconise la négociation "le moment venu" avec l'UDF : "Le programme de l'UMP nous offre des marges de manoeuvre, dit-il, notamment sur la question de la proportionnelle".

M. Sarkozy n'a toujours pas dérogé à sa règle d'or de ne jamais parler de l'UDF, du moins en public, et de n'insulter ni son président ni ses électeurs. Preuve de ces bonnes dispositions : 28 des 30 députés centristes sont pour l'instant assurés de ne pas avoir à affronter de candidat UMP au premier tour des législatives de juin. Réciprocité ou prudence ? M. Bayrou n'a toujours pas annoncé les noms des candidats UDF qu'il compte présenter "dans toutes les circonscriptions".

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Sarkozy devant Royal, Bayrou en hausse

Publié le 24/01 à 11:22 sur le site de France2

Nicolas Sarkozy battrait Ségolène Royal au 2e tour de la présidentielle par 51% contre 49%, selon un sondage Ifop

- Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal - F2 -
Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal
D'après l'enquête parue mercredi, le patron de l'UMP perd un point par rapport à la semaine précédente, alors que la députée des Deux-Sèvres gagne un point.

Autre enseignement, la progression de François Bayrou au 1er tour : avec 12,5% des intentions de vote (+0,5%), il atteint son plus haut score jusque-là. Jean-Marie Le Pen (11%) gagne un point.

Au 1er tour de scrutin, Nicolas Sarkozy arriverait en tête avec 32,5% des suffrages exprimés (-0,5), devant Ségolène Royal (28%, =), tandis que le président de l'UDF François Bayrou recueillerait 12,5% (+0,5 point), son meilleur résultat dans les enquêtes effectuées jusque là. Jean-Marie Le Pen est crédité de 11% (+1 point).

Les autres candidats sont loin derrière: Olivier Besancenot 4% (+0,5), Marie-George Buffet 3% (=), Dominique Voynet 3% (+1), Arlette Laguiller 3% (=),  Philippe de Villiers 2% (-1), Corinne Lepage 1% (=).

Si Jacques Chirac se présentait également, il ne recueillerait que 5% des voix. Seuls 22% des Français considèrent que sa candidature "serait une bonne chose", contre 78% d'un avis contraire.

Enfin, selon le sondage, le "vote utile" au 1er tour représenterait près d'un Français sur quatre, 23% "privilégiant plutôt un candidat qui ne correspond pas totalement à leurs idées mais qui a le plus de chances d'être au second tour". Cet effet est nettement plus important parmi les électeurs de Mme Royal  (39%) que parmi ceux de Nicolas Sarkozy  (21%).

En outre, si François Bayrou parvenait au second tour, il ferait jeu égal avec Ségolène Royal et ne serait défait par Nicolas Sarkozy que par 51% contre 49% !

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Coup de gueule !

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L'équipe de Sarkozy dément une enquête des RG sur Ségolène Royal

L'Express, mercredi 24 janvier 2007, mis à jour à 16:43

Le cabinet du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, dément des informations du Canard Enchaîné affirmant que les Renseignements généraux enquêtent sur des membres de l'équipe de Ségolène Royal.

"C'est faux, il n'y a aucune enquête sur la famille Royal ou sur son entourage", a-t-on déclaré à Reuters au cabinet du ministre de l'Intérieur, rival de la candidate socialiste à l'élection présidentielle.

Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a demandé devant des journalistes présents à l'Assemblée nationale "qu'il y ait "immédiatement des vérifications" sur les informations de l'hebdomadaire satirique.

Dans son édition de mercredi, Le Canard Enchaîné avance que le cabinet du ministre de l'Intérieur a demandé à la sous-direction de l'analyse des RG "d'enquêter" sur Bruno Rebelle, ex-porte-parole de Greenpeace France, qui a récemment rejoint l'équipe de la candidate socialiste comme conseiller à l'environnement.

"Trois RG sont réquisitionnés pour fouiller le passé du dirigeant de Greenpeace et rédiger une 'notice bien complète'", écrit l'hebdomadaire.

Selon Le Canard Enchaîné, la section enquête des RG produit depuis "note sur note" à l'usage du ministre et candidat de l'UMP avec "de nouveaux noms à épingler", sans préciser s'il s'agit d'autres proches de Ségolène Royal ou non.

"CONFUSION DES GENRES"

"Nous venons d'apprendre, et je ne sais si cette information sera confirmée, qu'il y aurait des enquêtes des Renseignements Généraux (RG) qui auraient été diligentées sur ordre du cabinet de M. Sarkozy sur des membres de l'entourage de Mme Royal et de son équipe de campagne présidentielle", a déclaré François Hollande dans les couloirs de l'Assemblée nationale.

"Si ces informations sont confirmées, et je demande qu'il y ait immédiatement des vérifications de faites, elles seraient extrêmement préoccupantes car ça voudrait dire que le ministère de l'Intérieur serait finalement au service du candidat Sarkozy pour, éventuellement, rechercher je ne sais quelle information, je ne sais quel dossier concernant les membres de l'équipe de Mme Royal", a-t-il poursuivi.

"Il faut que M. Sarkozy ne cumule pas comme il le fait aujourd'hui les fonctions de ministre de l'Intérieur, avec tous les moyens dont il peut disposer, avec la responsabilité éminente d'être candidat à l'élection présidentielle", a ajouté François Hollande.

"Je pense qu'il serait nécessaire qu'il n'y ait plus cette confusion permanente des genres et des fonctions", a-t-il encore dit. "On ne sait pas quand Nicolas Sarkozy se déplace, s'il le fait comme ministre ou comme candidat (...)".

Après les récentes nominations (au CSA), "je vois maintenant des officines qui pourraient éventuellement être utilisées dans la campagne présidentielle et qui dépendent du ministre de l'Intérieur lui-même. Je crois qu'il y a maintenant suffisamment d'entorses aux règles de la démocratie pour que nous soyons objectivement très inquiets et qu'il y a là des rectifications à opérer", a conclu le député socialiste de la Corrèze.

Razzye Hammadi, président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), a dénoncé "l'illégalité flagrante des procédés utilisés" et le "mélange des genres" pratiqué selon lui par Nicolas Sarkozy.

"Si ces faits étaient avérés, ils constitueraient alors une atteinte grave et choquante aux principes élémentaires de la République", ajoute-t-il dans un communiqué, dans lequel le MJS demande la démission du ministre de l'Intérieur.

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Saussez - Séguéla : Comment fabrique-t-on un candidat ?

Propos recueillis par Christophe Doré et Jean-Marc Gonin.

Publié le 22 janvier 2007

Actualisé le 22 janvier 2007 : 11h32

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Thierry Saussez parie sur la compétence, Jacques Séguéla sur la proximité.

Pour notre premier débat, les deux experts donnent leurs recettes et s'opposent sur le futur vainqueur de la campagne.

Ils ont été de (presque) toutes les campagnes. Jacques Séguéla, l'inventeur de «la force tranquille», qui ouvrit les portes de l'Elysée à Mitterrand, et Thierry Saussez, qui a conseillé Chirac, Juppé, Balladur et Sarkozy. Ils cosignent un ouvrage, La Prise de l'Elysée *, qui relate les campagnes à l'élection présidentielle depuis 1965, date de la première désignation du chef de l'Etat au suffrage universel. On y découvre anecdotes, coups, recettes et bides qui conduisirent les uns à la fonction suprême et les autres à l'exil politique, temporaire ou définitif, selon les cas. Ces deux orfèvres de la communication politique inaugurent notre série de débats de la présidentielle 2007 en s'affrontant sur le thème : comment fabrique-t-on un candidat ? Attention, bien que complices le temps d'un livre, les deux hommes ont de vraies différences sur l'art et la manière de se faire élire.

Le Figaro Magazine - Qu'est-ce qu'un bon candidat à la présidentielle ?

Jacques Séguéla - On le sent dès le départ. François Mitterrand disait : «Est élu l'homme (j'ajoute : la femme) qui raconte aux Français un morceau de leur grande histoire, à ce moment donné de leur histoire.» Il précisait : «A la condition expresse qu'il en soit le héros crédible.» Les études le disent vaguement, les sondages pas du tout. L'élection fait émerger une attente, comme un volcan qui entre en éruption avec plus ou moins de violence. Le bon candidat est celui qui sait y répondre. Pour Jospin, je me suis trompé. Ce n'était pas un très bon candidat. Je le regrette car il aurait fait un grand homme d'Etat.

Thierry Saussez - Tous les grands gestionnaires, ceux que j'appelle dans le livre les produits de l'offre : Balladur, Barre, Jospin, Juppé ont été des Premiers ministres excellents. Ils auraient fait probablement des présidents de la République très bons, mais ils ont été incapables, à un moment donné, de prendre les habits du candidat et d'aller vers la demande.

J. S. - En fait, il faut «incarner» la demande. Les équipes développent des arguments, mais c'est incarner qui compte : d'où la prépondérance du look.

Th. S. - Je crois qu'un bon candidat, spécialement aujourd'hui, c'est aussi celui qui incarne la puissance et la stature, la «présidentiabilité». Les Français votent en faisant confiance à une personne. Cela suppose que le candidat s'engage, qu'il incarne cette stature, cette puissance, en même temps que la proximité.

J. S. - Je vais citer des études, car les sondages favorables à Ségolène ne veulent rien dire. 56% des Français demandent que l'on comprenne leurs problèmes au quotidien. En revanche, seulement 17% demandent qu'un futur président assure une bonne représentation de l'Etat et de la France. Du temps de Mitterrand, les Français privilégiaient la représentation, mais il y a eu un tel désaveu de la politique, un tel repli sur soi que ça a radicalement changé. Les Français n'ont jamais été autant en attente d'amour.

Th. S. - Je ne tire pas les mêmes conclusions sur ces 56% des Français qui veulent qu'on s'occupe de leur quotidien. Tous les présidents de la Ve République, sans exception, ont été élus sur leur crédibilité personnelle, sur leur énergie et sur leur leadership. C'est une des raisons pour lesquelles je pense que Nicolas Sarkozy va réussir sa campagne et que je pense que Ségolène Royal est encore une question, une énigme.

Son look attire l'oeil...

J. S. - Ségolène, c'est la dame blanche, c'est le féminin, la pureté, la transparence, l'honnêteté. A 92%, les Français attendent de leur président honnêteté et transparence. Alors ça marche. En face, elle a l'homme en noir. C'est vrai que les hommes s'habillent en noir ! Sarkozy ne va pas se mettre en blanc... ce n'est pas le pape ! Tout cela joue. Deuxièmement, Ségolène, c'est un nouveau vocabulaire. Même quand elle parle de «bravitude», on la suit. Parce qu'on attend d'elle ce nouveau vocabulaire.

Vous conseillez ce genre de néologisme ?

J. S. - Bien sûr ! Nous n'écrivons pas les phrases des candidats, mais nos premiers conseils, c'est : soyez vous-même, cultivez votre différence et cultivez votre vocabulaire. Chirac n'a jamais eu de vocabulaire à lui. Elle, elle a celui du moment. Regardez le discours de Sarkozy : «je fais», «je veux», «je ferai»... Directement inspiré de Kennedy, totalement démodé. Il ne correspond pas à l'attente du moment.

Revenons à la «fabrication» du candidat. Comment donner l'envie de voter pour lui ?

J. S. - Un candidat est une marque. Même si cela ne lui plaît pas. Et une marque, c'est un équilibre entre la confiance et le désir. Sarkozy est arrivé avec 100% de confiance. Il a imposé sa méthode. Maintenant, c'est «super-flic». Je ne dis pas que Ségolène est mieux lotie. Elle est arrivée avec 100% de désir ! Celui qui rétablira l'équilibre entre désir et confiance va gagner. Regardez Sarkozy, il est affable, il sourit, il n'a plus ses rictus. Il est dans la course au désir, ce qui est difficile quand on est un superhéros. Ségolène aura quant à elle des difficultés en matière de crédibilité. Mais, mine de rien, sur le côté international - sa plus grosse lacune - ce n'était pas si mal. Car que retiennent les Français ?...

Th. S. - Qu'elle prend l'avion !

J. S. - Ils retiennent que l'un est en Corse...

Th. S. - Pour bosser, pendant que l'autre fait du tourisme en Chine.

J. S. - Elle cultive son imaginaire. Car on vote d'abord pour un imaginaire, et puis après pour une raison ! Le vote est une passion. C'est une folie d'en faire une raison. C'est parce que Jospin a été raisonnable qu'il a perdu. Et parce que Chirac a été passionné qu'il a gagné !

A quoi sert un bilan ?

J. S. - A rien. Les Français n'ont ni mémoire ni reconnaissance. Mais ils sont prêts à pardonner tous les échecs si vous leur promettez ce qu'ils attendent de vous. C'est pour cela que Mitterrand a été réélu. Les Français votent pour une idée, pas pour une idéologie. Quand je dis une idée, je veux dire à la façon gaullienne : une certaine idée qu'on se fait de la France.

Th. S. - J'ai une différence d'appréciation sur ce qu'on appelle le bilan. Je pense qu'il y a une trilogie dans la perception du candidat, et c'est celle-là qui est la plus profonde. D'abord on va faire confiance à une personne. Ensuite on va être séduit par un parcours, car des actes lourds marquent la mémoire collective. Et puis il y a la vision, le projet, quelle France on va construire ensemble.

J. S. - Evidemment que le parcours compte, mais plus que le parcours, il y a l'enracinement. De Gaulle était de Colombey-les-Deux-Eglises ; Mitterrand, de Château-Chinon ; Chirac, de la Corrèze. Ségolène est à la fois de son Poitou et parisienne. Et Sarkozy ? Il est de Neuilly ! Il n'arrive pas à passer de l'autre côté. C'est pour cela que Ségolène est plus proche des Français.

A quoi sert un programme ?

J. S. - De quoi se souvient-on chez François Mitterrand ? De la force tranquille ! Personne n'est capable de citer une des 110 propositions. Le programme est nécessaire mais pas suffisant. L'élection se joue sur trois, quatre idées, pas plus.

Th. S. - Nous touchons là à notre désaccord le plus fort. Jamais les Français n'ont été plus lucides sur la situation de ce pays et le besoin de changement. Je pense donc que la vision, le projet, le contenu programmatique comptent.

Est-ce qu'on peut changer une image avec des coups, comme la pomme de Chirac, par exemple ?

J. S. - C'est de la forme qui ne marche que si elle s'accroche à un fond solide. Dans le cas de Chirac, pourquoi la pomme a-t-elle marché ? Parce qu'il caresse le cul des vaches et parce qu'il est la France profonde.

Th. S. - Et parce que les Guignols l'ont remis tous les soirs pendant des semaines !

J. S. - Et alors ? S'il y a inadéquation entre le fond et la forme, ça ne marche pas.

Th. S. - Ce qui se fait sur des contre-pieds, des changements de stratégie en cours de campagne ne marche pas. Je ne connais qu'un cas d'évolution d'image réussie, mais dans la durée, c'est Chirac en 1995. Les Parisiens disaient de lui : c'est un homme dynamique et un bon maire, mais en province, les Français le voyaient comme un agité. En 1993, en manque de crédibilité, il s'est lancé dans la campagne présidentielle. Pendant deux ans, il a fait un travail de labourage, d'écoute. Et il a gagné.

Mais Chirac a de l'endurance...

J. S. - Une campagne est une épreuve physique et mentale. Est élu le sportif de haut niveau.

Th. S. - Ce n'est pas un marathon, c'est un 100 kilomètres !

En privé, Ségolène Royal est décrite comme plus cassante que ce qu'elle montre à la caméra.

J. S. - Les Français n'ont pas peur d'une main de fer dans un gant de velours. Cette force de caractère est une chance...

Th. S. - Pour l'instant, elle ne l'a pas montré. J'ai senti néanmoins, pendant le pseudo-débat du Parti socialiste, une fragilité qui pourrait devenir une faille. Elle déteste être interrompue, être coupée et même relancée par un journaliste. Cette fragilité caractérielle pourrait devenir un handicap.

Quelle mutation doit opérer un candidat entre les deux tours ?

J. S. - On n'a pas le temps. L'élection se gagne au premier tour.

Th. S. - Entre les deux tours, il faut arriver à garder la dynamique de campagne, continuer à mobiliser, être très présent sur le terrain, obtenir des ralliements. Et il faut tout de même passer l'épreuve du débat contradictoire. Ce sera plus compliqué pour Ségolène Royal que pour Nicolas Sarkozy.

* La Prise de l'Elysée, Plon, 265 p., 18 euros

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Sarkozy prêt à supprimer l'ISF de ceux qui investissent dans une PME

Les échos, le 24/01/2007

Le candidat UMP à l'élection présidentielle propose ni plus ni moins de convertir la cotisation d'impôt sur la fortune, aujourd'hui versée au fisc, en un investissement dans le capital de PME, à concurrence de 50.000 euros.

Il n'y aura pas de suppression de l'ISF si je suis président de la République », assure Nicolas Sarkozy dans une interview au « Monde » daté d'aujourd'hui. Pourtant, le candidat UMP à l'élection présidentielle assortit cette affirmation d'une proposition qui revient à changer totalement la nature de l'impôt de solidarité sur la fortune. « J'entends donner à ceux qui paient l'ISF, annonce-t-il, la possibilité de déduire une somme de cet impôt, par exemple jusqu'à 50.000 euros, à condition de l'investir dans les PME ». Concrètement, n'importe quel redevable de l'impôt sur la fortune aura donc la possibilité, plutôt que de payer sa cotisation d'ISF au fisc, de l'investir dans une PME, qu'elle soit cotée ou non. Dans l'entourage du candidat, on précise que seront exclus les apports en capital par le biais de fonds communs de placement ou de sicav.

Nettement plus loin

Le plafond de 50.000 euros permettrait, en pratique, d'exonérer totalement la quasi-totalité des redevables de l'ISF, puisqu'il correspond à un patrimoine taxable de 6 millions d'euros. Lorsqu'il était ministre de l'Economie et des Finances, Nicolas Sarkozy avait proposé cette mesure au Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, pour l'intégrer au collectif budgétaire 2004. Ce qui lui avait été refusé. Elle va nettement plus loin que tous les allégements apportés jusqu'alors à cet impôt sur le patrimoine. Car il ne s'agit plus, cette fois, de réduire l'assiette taxable mais bien de réduire voire supprimer l'impôt lui-même. En 2003, la loi pour l'initiative économique du ministre des PME, Renaud Dutreil, a déjà permis de sortir de la base taxable la totalité des investissements directs, en numéraire, dans les entreprises de moins de 250 salariés, et ce sans plafond. Une mesure curieusement peu connue. Cette loi Dutreil a par ailleurs exonéré à 100 % les dirigeants ayant plus de la moitié de leur patrimoine personnel en actions de leur entreprise. Et elle a créé un abattement porté à 75 % pour les actionnaires qui s'engagent dans un pacte de conservation de titres pour au moins six ans.

Surtout, cette nouvelle proposition s'ajoute à l'élargissement du « bouclier fiscal ». Nicolas Sarkozy souhaite ramener de 60 % à 50 % le taux maximal d'imposition des revenus, en ajoutant, en outre, à la liste des impôts déjà pris en compte aujourd'hui (impôt sur le revenu, ISF, taxe foncière et d'habitation) la CSG et la CRDS. Avec cette nouvelle mesure de défiscalisation, il n'est plus besoin, pour le candidat UMP, de proposer un abattement supplémentaire sur la résidence principale (20 % actuellement), mesure défendue depuis des années par une partie de la majorité. « L'Etat n'a pas à arbitrer sur les choix d'investissement des Français, justifie-t-il au « Monde ».

Une position qui continue de ne pas faire l'unanimité autour de lui. « Plus on va faire d'efforts légitimes en faveur des PME, plus on rendra le problème de la résidence principale aigu et incompréhensible », souligne Gilles Carrez, rapporteur du budget à l'Assemblée nationale.

Diluer l'aspect redistributif

Cette nouvelle mesure pourrait priver l'Etat de l'essentiel des recettes de l'ISF, qui a rapporté l'an dernier plus de 3,6 milliards d'euros, en hausse d'environ 20 % par rapport à 2005. Le pari est de transformer cet impôt en investissement dans l'économie et dans l'emploi, en dirigeant ces recettes directement vers les entreprises. Mais il aurait pour effet de diluer l'aspect redistributif de ce prélèvement « de solidarité ». « Nicolas Sarkozy a compris que la France avait besoin d'actionnaires, je m'en réjouis », se félicite Geoffroy de Bézieux, président de l'association patronale Croissance Plus, laquelle réclame, dans son Livre blanc pour la présidentielle, l'exonération d'ISF « sans conditions restrictives [pour] les titres des sociétés non cotées ».

De son côté, invité de l'émission « Le Franc-parler » France Inter/ i-Télé/« Le Monde », François Hollande n'a pas manqué de critiquer cette proposition. « Ce que propose Nicolas Sarkozy, c'est de donner de l'argent à ceux qui en ont déjà », a estimé le premier secrétaire du PS.

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Les petits patrons votent Sarkozy et boudent Royal

L'EXPRESS, 23 janvier 2007, mis à jour à 20:55

Les patrons d'entreprises de moins de 20 salariés voteraient à 50% pour le candidat de l'UMP Nicolas Sarkozy au premier tour de l'élection présidentielle, selon un sondage Ifop-Fiducial publié mercredi par le quotidien économique La Tribune.

Cette double enquête conduite entre le 15 et le 20 janvier auprès de deux échantillons distincts montre l'existence d'une fracture électorale entre ces patrons de "très petites entreprises" (TPE) et le reste de la population.

Sur 956 personnes représentatives de la population française majeure, 32,5% voteraient pour le ministre de l'Intérieur et président de l'UMP, 28% pour la candidate socialiste Ségolène Royal, 12,5% pour le président de l'UDF François Bayrou et 11% pour celui du Front National, Jean-Marie Le Pen.

Au second tour, le duel Royal-Sarkozy se solderait par la victoire du candidat de l'UMP avec 51% des suffrages, contre 49% pour Ségolène Royal. Ils étaient au coude à coude à 50-50 dans la précédente enquête, en décembre.

La présence très hypothétique du président Jacques Chirac au premier tour, s'il décidait de briguer un troisième mandat, ne changerait pas grand-chose : le chef de l'Etat recueillerait 5% des voix, Nicolas Sarkozy 28% (au lieu de 29% en décembre) et Ségolène Royal 27% (au lieu de 31%).

Jean-Marie Le Pen resterait stable à 11% mais François Bayrou gagnerait cinq points, à 13% (au lieu de 8%).

Sur 502 dirigeants de TPE, 50% voteraient dès le premier tour pour Nicolas Sarkozy, en l'absence de Jacques Chirac.

Dans cette catégorie de population et ce cas de figure, Ségolène Royal se retrouve au coude à coude avec Jean-Marie Le Pen (11% d'intentions de vote pour les deux) et devancée par François Bayrou (12%).

Là encore, la présence de Jacques Chirac au premier tour ne changerait pas grand-chose : Nicolas Sarkozy recueillerait encore 44% des suffrages des patrons de TPE, Ségolène Royal ferait jeu égal avec Jean-Marie Le Pen à 12%, devant François Bayrou (11%) et le chef de l'Etat (5%).

Le candidat de l'UMP semble avoir marqué des points auprès des chefs de TPE depuis son investiture le 14 janvier. Les petits patrons sont 70% à déclarer le préférer à la candidate socialiste (30%), au lieu de 65% en décembre (contre 35% pour Ségolène Royal).

Il y a environ 2,4 millions de TPE en France. Fiducial, qui se présente comme la première firme mondial de services aux TPE, en conseille 13O.000 en France.

Posté par gwen erwan à 06:32 - Articles sur Nicolas Sarkozy - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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