Le Bouscat avec Nicolas Sarkozy !

Comité de soutien local de l'Association Nationale des Amis de Nicolas Sarkozy

19 janvier 2007

Villepin évoque avec Sarkozy sa place dans la campagne

BRUNO JEUDY ET JUDITH WAINTRAUB.

Publié le 19 janvier 2007

Actualisé le 19 janvier 2007 : 08h25

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"Je tiens à ma liberté. Chacun doit trouver son rôle", a répondu le premier ministre au candidat UMP.
Marmara/Le Figaro

Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin ont également discuté avec le candidat de leur rôle dans le dispositif.

NICOLAS SARKOZY a bouclé sa tournée des grands chefs de l'UMP. Dernier sur la liste de ses tête-à-tête, Dominique de Villepin, avec lequel il a déjeuné hier à Matignon. Bruno Le Maire, directeur de cabinet du premier ministre, et Claude Guéant, directeur de campagne du candidat, ont partagé ces agapes. À la sortie de ce déjeuner, qui a duré une heure trente, on assurait de part et d'autre que le climat était « chaleureux et amical ». Claude Guéant, qui a participé à une dizaine de déjeuners de ce type, relativise le communiqué officiel : « Leurs conversations se passent toujours de façon paisible, alors que ce sont deux personnages volcaniques. » Mais, en l'occurrence, il ­fallait faire oublier les multiples accrochages pendant la procédure de désignation du candidat UMP.

Cette volonté conjointe de calmer le jeu n'a pas empêché les protagonistes de défendre leurs intérêts respectifs. Villepin revendique un traitement à part durant la campagne. Premier ministre il est, et il entend bien le rester jusqu'au dernier jour de sa charge. « Je tiens à ma liberté. Chacun doit trouver son rôle pour faire gagner notre famille », a-t-il dit en substance au numéro deux du gouvernement. Selon un proche, « il n'écarte pas l'idée de participer à un meeting, mais en tant que premier ministre ». C'est ce qu'il a répondu quand Sarkozy lui a lancé : « Il faut, Dominique, que vous interveniez dans la campagne. »

Dans l'entourage du candidat, on souligne « n'avoir rien proposé de particulier » à Villepin, qui n'aurait d'ailleurs « rien deman­dé ». On ajoute aussi que les deux hommes n'ont pas parlé du départ de Sarkozy du gouvernement parce que « ça se discute avec Chirac ». Manière de montrer que le favori de la droite ne se reconnaît plus qu'un interlocuteur de son niveau : le président de la République.

Il ménage pourtant les deux autres premiers ministres de Jacques Chirac, Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin. Sarkozy les a vus tous les deux en particulier au lendemain du congrès UMP, au cours duquel ces deux « maréchaux » ­chiraquiens lui ont confirmé leur ­soutien.

Un comité politique

Alain Juppé, qui a suscité des jalousies dans le premier cercle sarkozyste en obtenant le privilège de s'exprimer à la tribune juste avant le candidat, devrait le chaperonner dans plusieurs de ses déplacements européens. Sarkozy veut mettre à profit le carnet d'adresses international de l'ex-premier ministre et ex-ministre des Affaires étrangères. Il lui a aussi promis d'en faire son expert pour les questions environnementales, la dernière passion de l'exilé du Québec. De là à en conclure que si le chef de l'UMP était élu, il créerait le poste de vice-premier ministre chargé de l'Écologie que convoiterait Juppé, il y a un pas que l'un et l'autre se gardent de franchir.

Jean-Pierre Raffarin, lui, est persuadé que Nicolas Sarkozy va lui confier l'animation du comité politique restreint dont il lui a suggéré l'idée mardi soir (nos éditions du 17 janvier). Au QG de la rue d'Enghien, on affirme que « rien n'est fait ». Ce qui est sûr, c'est que l'organisateur des forums de la campagne interne de l'UMP - qui vise la présidence du parti - va retrouver un rôle prépondérant sous les projecteurs, en vedette américaine ou en vedette tout court d'une dizaine de meetings. Coup d'envoi avec Sarkozy le 26 janvier, à Poitiers, sur les terres de Ségolène Royal

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Interview de Nicolas Sarkozy dans Le Monde de l'industrie

Interview de Monsieur Nicolas Sarkozy dans Le Monde de l'Industrie
Jeudi 18 janvier 2007



Pour Nicolas Sarkozy, le choix est simple : nous devons engager le combat pour l’innovation, réformer nos centres de recherche, réduire les prélèvements pesant sur la production, engager notre système scolaire dans une démarche de performance, accorder plus de souplesse à nos entreprises.



Le Monde de l’Industrie : Pour les investisseurs, l’image de la France à l’étranger est pénalisée par la loi sur les 35 heures. Par ailleurs, nombreux sont les Français qui ne demandent qu’à travailler davantage pour gagner plus. Comment est-il possible de pallier cette situation contradictoire ? Peut-on donner à nos compatriotes qui souhaitent améliorer leur niveau de vie et progresser dans l’échelle sociale en consacrant plus de temps à leur travail, la possibilité de le faire ?

Le contresens absolu des 35 heures, c’est de n’avoir pas compris que le travail crée le travail et que l’activité appelle l’activité. Avec les 35 heures, nous avons freiné la création de richesses et renchéri incroyablement les coûts de production en France, au moment même où la compétition internationale est la plus vive. Il n’est pas étonnant, dans ce contexte, que le pouvoir d’achat progresse aussi peu. Au final, les 35 heures ont été payées par les salariés français au prix d’une rigueur salariale, dont nous ne sommes pas encore sortis.

Depuis 2002, les 35 heures ont été assouplies deux fois. Pour ma part, je crois qu’il nous faut vraiment en sortir. Mais, cela ne signifie pas qu’il faille revenir à 39 ou 40 heures pour tous. Ce serait faire la même erreur que le Parti socialiste, dont la candidate persévère puisqu’elle défend la « généralisation des 35 heures ». Notre réponse à la RTT, c’est la liberté, la liberté de travailler, la liberté de gagner plus, en travaillant plus.

Que certains salariés soient heureux à 35 heures et souhaitent y demeurer est parfaitement respectable. Mais effectivement, d’autres, des jeunes, des pères et des mères de famille, veulent pouvoir gagner plus en travaillant plus longtemps. Au nom de quoi devrait-on le leur interdire ?

Pour sortir des 35 heures, nous voulons une solution gagnant-gagnant : pour le salarié et pour l’entreprise. Nous proposons tout d’abord d’assouplir fortement le recours aux heures supplémentaires, tout en conservant les majorations de 25 et 50%. Surtout, nous proposons d’exonérer les heures supplémentaires de charges sociales et d’impôts, pour le patron comme pour le salarié. Concrètement, cela signifie une baisse de 25% du coût salarial horaire, ce qui incitera les entreprises à multiplier les heures supplémentaires. Pour le salarié au SMIC qui effectue 4 heures de plus par semaine, cela signifie un gain de 17% sur sa feuille de paye. J’ajoute que le même mécanisme doit s’appliquer au rachat de journées de RTT.

Le Monde de l’Industrie : Comme vous le rappelez dans votre livre « Témoignage », la délocalisation des capitaux est un autre point qui pénalise l’industrie française à la grande satisfaction de nos voisins étrangers et aussi européens. Comment peut-on attirer à nouveau les investisseurs nationaux dans notre pays et leur redonner confiance ?

Lorsque je constate que tous les sportifs, les artistes, les créateurs, les entrepreneurs partent, en Suisse, en Belgique, au Luxembourg, à Monaco, ma réaction personnelle n’est pas de me dire que ce sont eux qui ont tort, ni qu’ils sont de mauvais Français. Ma réaction est de me demander pourquoi notre pays met tant d’application à faire fuir tous ceux qui réussissent et créent des richesses dont toute la collectivité profite. Dans ces conditions, il n’y a rien d’étonnant, hélas, à ce qu’il n’existe pas en France assez d’investisseurs providentiels, pour stimuler la création d’entreprises nouvelles.

Pour redonner confiance aux investisseurs, comme vous le dites, il faut d’abord réconcilier la France avec la réussite. Or, au-delà de notre culture collective, nous savons que l’une des difficultés concrètes est fiscale, bien entendu. C’est pour cela que j’ai, par exemple, toujours défendu, l’idée d’un bouclier fiscal qui limite à un pourcentage donné les prélèvements qui peuvent s’accumuler, une année donnée, sur le revenu d’un même contribuable.

Le Monde de l’Industrie : Dans votre livre, vous évoquez également les problèmes de trésorerie du Groupe Alsthom pour lequel vous êtes intervenu avec succès. A côté d’une multinationale comme Alsthom qui, il est vrai, représente plusieurs dizaines de milliers d’emplois, il existe une multitude de PME/PMI parfaitement viables qui ont aussi à faire face à des problèmes de trésorerie. Comment résoudre ce problème ? N’y a-t-il pas moyen d’inciter les banques à assurer leur travail sans faire appel à votre intervention ?

J’ai décidé que l’Etat soutiendrait temporairement Alstom car cette grande entreprise française, très implantée dans certaines régions industrielles françaises, riche de savoir-faire absolument stratégiques dans le ferroviaire ou dans les turbines, était très sérieusement menacée de démantèlement. Malgré les accusations d’interventionnisme, l’entreprise, ses salariés et ses technologies ont finalement été sauvés et l’Etat a même réalisé une belle plus-value au passage. Au-delà des spécificités de ce dossier, ce que démontre Alstom a mes yeux c’est qu’il n’y a jamais de fatalité en matière économique. Ce qui compte pour un pragmatique comme moi, c’est que notre pays se dote d’une politique économique efficace, c’est à-dire qui permet la plus large création de richesses pour tous.

Aujourd’hui, le cadre économique général qui est offert aux PME/PMI françaises ne leur permet pas de connaître un développement optimal. La profitabilité de ces petites entreprises françaises est 30% inférieure à celle de leurs concurrentes allemandes, anglaises ou américaines. J’y vois, pour ma part, la double conséquence de l’« impôt réglementaire » et des prélèvements obligatoires très élevés qui pèsent en France, sur le travail et sur la production.

Mais, au-delà de la rentabilité, vous avez raison, les relations économiques actuelles entre entreprises font peser un poids très lourd sur la trésorerie des PME. Cela passe principalement au travers de délais de paiement excessifs, en comparaison de ce qui se pratique à l’étranger. De mon point de vue, la solution est moins d’amener les banques à accompagner l’explosion des besoins en fonds de roulement que de revenir à la raison sur les délais de règlement. Dans cette perspective, il appartient, d’une part, au secteur public de montrer l’exemple en réduisant fortement ses propres délais et, d’autre part, de faire respecter, par des contrôles adaptés de la DGCCRF, les dispositions légales existantes qui prévoient l’application d’intérêts de retard.

Le Monde de l’Industrie : Pour connaître les difficultés et les aspirations des « gazelles », ces PME/PMI qui génèrent de la croissance dans notre pays, le ministère des PME, du Commerce, de l’Artisanat et des Professions Libérales a récemment interrogé directement ces entrepreneurs. Plus de 600 « gazelles » ont répondu à cette enquête. Lorsqu’on leur pose la question : « quelle principale difficulté rencontrez-vous ? », elles répondent en premier pour 36 % d’entre elles : « trouver des collaborateurs efficaces ». Comment rapprocher nos filières de formation des véritables besoins de nos industriels ?

Ce que vous indiquez là constitue l’un des échecs les plus choquants de notre système scolaire. D’un côté, plus de 150 000 jeunes sortent chaque année de nos établissements d’enseignement sans la moindre formation à valoriser sur le marché du travail. On pourrait aussi ajouter tous ceux qui, quoique entrés à l’université, soit la quittent sans aucun diplôme du supérieur, soit se retrouvent dans des filières sans débouché professionnel. Et d’un autre côté, le manque de compétences et de collaborateurs bride totalement le développement de certains secteurs : c’est vrai du BTP, c’est vrai d’une partie de l’industrie et de plus en plus d’activités très pointues et innovantes. Cette situation est absolument inacceptable. Les solutions me semblent relever d’une meilleure orientation, mais aussi d’une offre de formation plus complète.

L’orientation des élèves devra être renforcée à tous les niveaux du cursus scolaire, par la création d’un véritable service public de l’orientation. Il devra contribuer notamment à valoriser l’entreprise et les métiers auprès des élèves, afin de poursuivre le développement de l’enseignement professionnel et technique, mais aussi des cursus fondés sur l’alternance. Ces filières ont fait la preuve de leur capacité à former des jeunes adaptés au besoin des entreprises et qui trouvent donc rapidement leur place sur le marché du travail.

Parallèlement, nous créerons des universités des métiers, c’est-à-dire des établissements d’excellence dans des secteurs plus manuels ou plus techniques, mais qui jouent aussi un rôle déterminant dans notre économie : par exemple, le jeu vidéo, les métiers d’art, la gastronomie, la construction navale, le film d’animation et beaucoup d’autres domaines encore. Parce qu’il n’y a pas de raison que certaines filières professionnelles ou technologiques n’aient pas, elles aussi, des « grandes écoles » dans leur domaine.

Le Monde de l’Industrie : Toujours dans la même enquête, la gestion des formalités administratives est également perçue comme une réelle difficulté. Quels moyens peut-on envisager pour simplifier ces formalités ?

J’évoquais tout à l’heure l’« impôt réglementaire » que constituent les contraintes et les normes de toute nature pesant sur nos entreprises. Cette charge pénalise effectivement toutes nos entreprises, mais touche plus durement encore les plus petites d’entre elles. Je suis convaincu que le chantier de la simplification administrative doit réellement changer de dimension. Il nous faut nous fixer dorénavant des objectifs extrêmement concrets. Cela passe par la limitation très stricte du temps nécessaire au renseignement des formulaires, par la simplification effective de la feuille de paye des salariés français, et par la réorganisation de l’ensemble des relations entre l’Etat et les entreprises dans une logique de « guichet unique ».

Je veux que nos grandes administrations deviennent de véritables partenaires de la réussite des entreprises. Il faut mettre un terme à la logique de défiance qui existe à l’égard des PME. Je le dis franchement : il est injuste que l’Administration traite à la même enseigne la grande majorité des entreprises de bonne foi et l’infime minorité de celles qui trichent sciemment. L’Administration ne peut plus se cantonner dans un pur rôle de contrôle et de sanction vis à vis d’entreprises toutes supposées fraudeuses. Pour opérer ce bouleversement dans nos habitudes, il est nécessaire que ces administrations, et leurs agents, soient demain évaluées sur leur capacité à rendre à tous un service de qualité, sur la rapidité des réponses données aux entreprises, et non plus sur le seul montant des redressements opérés ou sur les procès-verbaux dressés.

Le Monde de l’Industrie : Beaucoup de voix se sont élevées cette année pour fustiger le manque de grands projets nationaux de recherche. Pouvez-vous développer votre programme sur la politique future de la recherche dans notre pays ? Envisagez-vous, par exemple, de soutenir certains projets comme ceux exposés dans le « Livre Blanc » proposé par les industriels de l’électronique et susceptibles de relancer cette filière stratégique particulièrement éprouvée par les récentes délocalisations ?

L’effort de recherche français total est aujourd’hui tout à fait insuffisant pour maintenir notre Nation à l’avant-garde de la science et des technologies. Il en va de l’excellence de la France dans les grands domaines scientifiques mais aussi de notre capacité de recherche appliquée et d’innovation industrielle. Dans les cinq années à venir, nous souhaitons renforcer cet engagement national en faveur de la recherche, en accroissant de 40% les moyens financiers mis à disposition.

Mais avant tout, c’est de rendre la dépense en matière de recherche plus efficace qu’il s’agit, ce qui passe par le développement d’un financement de la recherche par projets et non plus dans une logique de structures. Demain, les moyens publics et privés doivent être mobilisés sur des projets précis et évalués de manière indépendante. Il y a donc pour nous une place essentielle à réserver à de grands projets de recherche scientifique et technologique, tant au niveau national qu’au niveau européen, où il est possible de mutualiser une masse encore plus importante de moyens, à l’instar de ce qui est fait aujourd’hui avec Galileo. Les champs des nouvelles technologies de l’information, mais aussi de l’énergie sont, à cet égard, tout à fait prioritaires.

Sur le terrain de l’innovation industrielle, c’est aussi la démarche d’un financement par projets qui prévaut déjà dans les pôles de compétitivité que j’ai mis en place à travers l’ensemble de notre pays. Dans ces pôles, il s’agit, je le rappelle, de rapprocher les industriels et les chercheurs, afin de favoriser une R&D gagnante. Cela commence à marcher et si le succès se confirme, la France prendra là un tournant décisif pour son avenir industriel.

Le Monde de l’Industrie : La France est depuis longtemps une nation leader dans le domaine du nucléaire. Quelle est votre position concernant la construction des nouveaux ERP (European Pressurized Reactor) et, à plus long terme, des réacteurs nucléaires de quatrième génération ?

L’énergie nucléaire confère un véritable avantage comparatif incontestable à notre pays. C’est tout d’abord une filière industrielle d’excellence qui emploie des dizaines de milliers de salariés français. De plus, depuis des décennies, le parc nucléaire français nous garantit une très grande sécurité dans nos approvisionnements énergétiques. Alors que l’énergie devient rare, il s’agit d’un atout majeur pour la France et ses partenaires européens.

Enfin, même si le stockage des déchets nucléaires ultimes est contraignant, c’est grâce à l’énergie nucléaire que la France émet par habitant 21% de gaz à effet de serre de moins que la moyenne mondiale. Pour toutes ces raisons, nous devons maintenir et renouveler notre parc nucléaire. C’est tout l’enjeu de la nouvelle génération de centrales EPR (dits de 3ème génération) qui devront être développées et implantées dans notre pays. Cet engagement est capital pour nous, mais il ne nous empêche pas d’être très exigeants quant au droit à l’information des Français sur les risques nucléaires et sur les politiques destinées à les prévenir.

Confiante dans la place incontournable que tient l’énergie nucléaire dans notre production électrique, la France entend s’engager fortement, dès à présent, dans la recherche sur les réacteurs nucléaires de 4ème génération, avec pour objectif de toujours mieux concilier demain cette énergie avec les exigences du développement durable.

Le Monde de l’Industrie : A l’heure où l’industrie mondiale est en pleine mutation, le modèle français connaît une grave crise. Si vous êtes élu, quelle sera concrètement votre action pour relancer l’activité industrielle de notre pays ?

Le 18 décembre dernier, je me suis rendu dans les Ardennes, un territoire industriel depuis des siècles qui a vécu toutes les mutations de notre industrie, pour délivrer aux Français un message très simple : l’industrie en France n’est pas finie. Car l’industrie a partie liée avec la puissance économique de notre pays. Le choix est donc très simple.

Soit, nous refusons le combat pour l’innovation car nous ne sommes pas capables de réformer nos centres de recherche ou de faire fonctionner nos pôles de compétitivité, soit nous sommes incapables de réduire les prélèvements pesant sur la production, soit nous refusons d’engager notre système scolaire dans une démarche de performance et d’accorder la moindre souplesse à nos entreprises, alors le très grand nombre de nos industries et même de nos services, ouverts à la concurrence internationale, risquent de disparaître et c’est à une croissance molle et durablement atone qu’il faut se préparer.

Soit nous parvenons à refaire de notre pays un des espaces les plus propices à la création de richesses, soit nous relançons l’innovation, soit nous enrichissons le capital humain que constituent les salariés de notre pays, soit nous permettons ainsi aux activités industrielles de monter en gamme, de se moderniser et de reconquérir des parts de marché, et nous avons alors la perspective de susciter une croissance forte, durable et riche en emplois.

Face à la mondialisation, je l’ai toujours dit, notre destin est entre nos mains. J’ajoute, cependant, que nous aurons besoin de l’Europe pour remporter ce combat, mais d’une Europe qui tienne aussi ses promesses de prospérité collective et de protection. Il serait illusoire d’imaginer que nos efforts porteront leurs fruits si nous continuons à nous battre dans un monde où les blocs économiques ne jouent pas avec les mêmes règles. Je refuse le protectionnisme mais je ne veux pas être naïf et j’attends un minimum de réciprocité dans l’application de règles sociales ou environnementales. J’entends que l’Europe soit demain un véritable espace commun de développement économique

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Sarkozy promet de faire de la recherche "la première priorité budgétaire"

LE NOUVELOBS AP | 18.01.2007 | 14:10

Nicolas Sarkozy fait les yeux doux aux chercheurs. Le candidat UMP à l'élection présidentielle s'est engagé jeudi lors d'un déplacement sur le plateau de Saclay (Essonne) à faire de la recherche et de l'enseignement supérieur "la première priorité budgétaire de l'Etat".

Le ministre de l'Intérieur a réitéré sa proposition d'"augmenter d'un quart le financement de la recherche publique, soit quatre milliards d'euros" pour atteindre cet objectif. "C'est une nécessité", a-t-il dit lors d'un discours à l'Ecole supérieure d'électricité (Supelec). "Si on ne met pas cet argent, on perdra la bataille de l'intelligence".

Déplorant le "décrochage" de la France dans ce domaine, M. Sarkozy a proposé de "refonder le financement de la recherche en France autour du financement sur projet". "Le financement public de la recherche en France est le plus élevé de l'OCDE, avec celui des Etats-Unis", a-t-il noté. "La vraie question, c'est donc d'abord le mode d'emploi de ces moyens publics. On les attribue en France à des structures qui, par définition, mettent des années à évoluer au lieu de les verser à des projets".

Le candidat a donc proposé de renverser cette logique en ne finançant "que les projets qui font preuve de leur excellence scientifique, mais de les financer abondamment et sur une durée suffisante pour qu'ils puissent porter leurs fruits". Il a cité les "trois thématiques stratégiques" que sont la santé, les nanotechnologies et l'environnement.

Nicolas Sarkozy a également estimé que ces fonds devaient d'abord servir à donner aux chercheurs les moyens de travailler et une rémunération "à la mesure de leurs compétences" pour éviter la fuite des cerveaux vers les Etats-Unis.

En réponse à une question d'un doctorant, il a promis de revaloriser l'allocation de recherche des jeunes chercheurs. Celui-ci se plaignait du fait que le ministre délégué à la Recherche François Goulard n'avait pas tenu la promesse faite devant le Parlement de revaloriser cette allocation à 1,5 fois le salaire minimum. "Je comprends pourquoi il n'est pas venu avec moi. Je l'avais invité", a ironisé Nicolas Sarkozy, ravi de cette occasion de se moquer d'un des derniers ministres chiraquiens.

Le candidat UMP s'est de nouveau prononcé pour l'autonomie des universités pour leur donner les moyens de "lutter à armes égales" avec leurs concurrentes anglo-saxonnes, et s'est engagé à "augmenter de moitié" leurs financements. "Si c'est moi, c'est la réforme et les moyens financiers. Pas de réforme, pas de moyens financiers", a-t-il souligné.

Il s'est aussi dit prêt à "encourager" le financement par les entreprises de chaires d'université, tout en préservant une "harmonisation des programmes" au niveau national.

Avant son intervention devant les étudiants, Nicolas Sarkozy, accompagné du député UDF Christian Blanc, a visité le Synchrotron, accélérateur de particules géant inauguré le 18 décembre dernier par Jacques Chirac.

Il a souhaité que le plateau de Saclay, fort de 25.000 étudiants et 12.000 chercheurs publics, soit "l'un des grands projets structurants du prochain mandat présidentiel" et "la locomotive de l'excellence scientifique du pays".

Le ministre-candidat, venu en tant que ministre de l'Aménagement du territoire, s'est à nouveau défendu de pratiquer le mélange des genres. "Il n'est pas interdit au ministre de l'Aménagement du territoire de réfléchir à l'avenir. C'est même recommandé", a-t-il glissé.

Nicolas Sarkozy poursuivra vendredi à Millau (Aveyron) cette série de déplacements de début de campagne sur "la France et ses atouts". "Ce que je veux montrer, c'est qu'on peut parfaitement marier une grande histoire et un avenir qui sera prestigieux", a-t-il expliqué. AP

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Nicolas Sarkozy sera l'invité de Franz-Olivier Giesbert dans l’émission « Chez FOG » samedi 20 janvier à 19h00 sur France 5. L'émission sera redifusée dimanche 21 janvier à 13h30.

http://www.france5.fr/chez-fog/

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Politoscope : Nicolas Sarkozy réussit son entrée

Publié le 19 janvier 2007 Actualisé le 19 janvier 2007 : 08h53

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Le président de l'UMP a dominé la semaine. Ségolène Royal piétine, selon OpinionWay pour Le Figaro et LCI.

DANS la course à l'Élysée, Nicolas Sarkozy s'est sans conteste distingué cette semaine, selon le deuxième baromètre réalisé par OpinionWay pour Le Figaro et LCI. Pour 50 % des Français, il est le candidat qui a « marqué le plus de points » ces sept derniers jours, tandis que seuls 22 % d'entre eux désignent Ségolène Royal et 18 % François Bayrou. Le congrès de l'UMP qui a accordé l'investiture du parti au ministre de l'Intérieur est cité comme l'événement le plus marquant de la semaine par 62 % des pers­onnes interrogées. Seuls 11 % des sondés retiennent plutôt la ­polémique sur la fiscalité au PS, dont pâtit d'ailleurs Ségolène Royal.

Image d'unité à droite

Le discours rassembleur de Nicolas Sarkozy est approuvé par 69 % des personnes interrogées, dont 55 % des sympathisants de gauche. En outre, 51 % des Français jugent le président de l'UMP « sincère » dans ses propos, contre 47 % d'un avis contraire. « Il s'agit d'un résultat encourageant pour Nicolas Sarkozy compte tenu de la défiance générale de nos concitoyens envers leurs élus et de la ­personnalité « clivante » du mi­nistre de l'Intérieur », analyse Bruno Jeanbart, directeur des études politiques d'OpinionWay. L'attraction exercée par le président de l'UMP sur une fraction des sympathisants de gauche semble se confirmer. Un tiers d'entre eux estiment en effet que Nicolas Sarkozy était « sincère » lors de son discours du Parc des expositions de la porte de Versailles.

L'image d'unité à droite, écornée ces dernières semaines dans l'électorat UMP en raison des dissensions entre Dominique de Villepin ou Michèle Alliot-Marie et Nicolas Sarkozy, semble restaurée. Alors que la courte visite du premier ministre au congrès s'est déroulée sans incident et que le ministre de la Défense a renoncé à briguer l'investiture, les sympathisants de droite sont 85 % à estimer que « l'UMP est unie pour faire gagner Nicolas Sarkozy » et 82 % à penser que celui-ci « est capable de rassembler les Français ».

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Nicolas Sarkozy "ne se réjouit pas" des difficultés de Ségolène Royal

LE NOUVELOBS AP | 19.01.2007 | 15:52

Nicolas Sarkozy reste sur son credo de non-agression du camp socialiste. Le ministre de l'Intérieur et candidat UMP à l'élection présidentielle a déclaré qu'il ne se réjouissait pas des difficultés actuelles de Ségolène Royal lors d'un déplacement vendredi à Millau, dans l'Aveyron.

"Cela ne sert à rien d'accabler et je ne me réjouis pas des difficultés des autres. La route est longue, elle doit se faire dans le respect, je préfère me concentrer sur ce que j'ai à faire et à proposer pour la France", a déclaré celui qui dit "avoir changé". "Je m'attends moi aussi à des péripéties", a ajouté Nicolas Sarkozy.

Jacques Godfrain, député UMP de l'Aveyron, poursuivi en diffamation par François Hollande pour avoir relayé les fausses rumeurs propagées sur Internet sur la société civile immobilière (SCI) qui aurait prétendument permis à Ségolène Royal d'échapper à l'Impôt de solidarité sur la fortune, était présent à ses côtés.

Le ministre-candidat, qui effectuait son troisième et dernier déplacement de la semaine sur le thème "la France et ses atouts", s'est d'abord émerveillé devant le viaduc de Millau, inauguré le 14 décembre 2004 par Jacques Chirac. Jean-François Roverato, dirigeant d'Eiffage, lui a rappelé le succès de l'ouvrage d'art, qui a accueilli "neuf millions de passagers à ce jour, soit 20% de plus que les prévisions".

"C'est ce que l'homme a fait technologiquement de plus avancé", s'est enthousiasmé le ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire, mitraillé par les photographes devant la plus haute pile du monde.

"L'ascension de La Roche de Solutré me semble un peu plus longue", a glissé Nicolas Sarkozy dans un sourire, après une tonique montée pédestre vers le belvédère.

"Le Larzac était en voie de désertification; aujourd'hui, ce département regagne de la population. Le progrès doit être réparti sur l'ensemble du territoire", a remarqué plus sérieusement le ministre-candidat.

Nicolas Sarkozy est ensuite revenu aux réalités économiques en visitant la manufacture de gants Causse. Il y a défendu l'idée d'un "capitalisme familial". "Ce n'est pas la même chose, quand on connaît le propriétaire de son entreprise. Tout doit être fait pour encourager les investisseurs à venir en France. Si demain il n'y a plus personne pour mettre son patrimoine dans les entreprises, c'est les fonds de pension et les investisseurs étrangers qui vont les acquérir. Et eux, on ne les voit pas!", a-t-il déclaré, entouré d'employés de tous âges.

"J'ai demandé à une personne qui travaille ici depuis 40 ans s'il lui arrivait de se tromper, elle m'a répondu: 'Jamais!' Je devrais la prendre avec moi", a-t-il plaisanté.

Déroulant une idée phare de son programme, il a plaidé pour la revalorisation du travail et attaqué une nouvelle fois les 35 heures: "35 heures mais c'est encore trop! Pourquoi pas 22, puis 15, puis plus rien?"

Il a également stigmatisé le coût des préretraites, "cinq milliards d'euros chaque année, pour maintenir en inactivité des gens qui sont dans la force de l'âge". "Qu'on laisse les gens travailler!", s'est-il exclamé sous les applaudissements.

Nicolas Sarkozy a profité de ce déplacement pour défendre son bilan sur la sécurité routière. "Huit mille vies ont au total été épargnées, et il y a moins de blessés graves. Pour moi, ça compte plus que l'agacement suscité par des contrôles routiers", a-t-il dit.

Une manifestation de 60 à 80 altermondialistes membres du collectif faucheurs volontaires s'est tenue à l'écart du cortège ministériel. Millau est le fief historique de José Bové, qui saura le 7 février s'il retourne en prison pour un arrachage de maïs transgénique en 2004 à Menville (Haute-Garonne).

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La méthode Sarkozy pour "coacher" ralliés et fidèles

LE MONDE | 18.01.07 | 14h26

C'est en tandem que Xavier Bertrand, ministre de la santé, qui a décidé de soutenir Nicolas Sarkozy au mois de décembre 2006, et Rachida Dati, conseillère du ministre de l'intérieur dès 2002 et aujourd'hui tous deux porte-parole du candidat, ont tenu, mercredi 17 janvier, leur première conférence de presse conjointe au siège de campagne, rue d'Enghien à Paris.


Ce duo se veut l'incarnation de l'harmonie que Nicolas Sarkozy entend faire régner entre les soutiens de la dernière heure et les compagnons des premiers jours. La veille, lors de la réunion exécutive de son parti, le candidat a d'ailleurs remis les compteurs à zéro entre les uns et les autres. "Je ne donnerai pas de titre ni de bureau, j'observerai qui fait campagne et je prendrai les meilleurs", a lancé M. Sarkozy avec les accents d'un entraîneur de football à la veille d'un match décisif.

Mercredi, François Fillon, chargé du "comité politique", et Claude Guéant, directeur de campagne, ont réuni une première sélection de députés sarkozystes à laquelle s'est joint le ministre du budget, Jean-François Copé. Nadine Morano, Valérie Pecresse, Pierre Lellouche, Dominique Paillé sont chargés d'intervenir dans les médias, "dans leur style", et de coordonner leurs argumentaires. Mais la composition de cette phalange sera évolutive, afin d'éviter que quiconque ne se sente propriétaire de sa fonction.

Le "coaching Sarkozy" est impitoyable. Pour éviter les aigreurs, un groupe plus large sera convoqué, toutes les trois semaines environ, afin d'associer le plus d'élus possible à la campagne.

Toutefois, les ministres de haut rang et les personnalités du parti sont dispensés du jeu de la concurrence. Eux sont traités en direct par le candidat. Alain Juppé, par exemple, sera titulaire dans la fonction d'accompagnateur de M. Sarkozy dans les capitales européennes. Sa stature internationale a été jugée précieuse. Michèle Alliot-Marie, qui veut s'attribuer le marquage de Ségolène Royal, n'a pas été découragée. Ni Jean-Pierre Raffarin, qui a déjà coché sur son agenda une dizaine de grands meetings, dont il sera le principal orateur, dans l'espoir de séduire les militants pour le cas où la présidence de l'UMP serait un jour vacante.

En revanche, le ralliement du ministre des affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, ne lui vaut pour l'heure aucun poste. Il rencontrera cette semaine M. Sarkozy pour discuter de sa place dans la campagne : "Mais il ne fera pas de déplacements à l'étranger avec lui, prévient un des permanents de la rue d'Enghien. Il y a un point où le mélange des genres sera difficile à soutenir."

Cette bataille pour les places a déjà fait une première victime. Dimanche, lors du congrès d'investiture de l'UMP, Edouard Balladur s'est étonné de ce que M. Juppé s'exprime comme avant-dernier orateur, juste avant M. Sarkozy. "Pourquoi ?", a-t-il demandé à un proche du candidat. "Parce qu'il a fondé l'UMP", lui fut-il répondu. "Oui, a renchéri l'ancien premier ministre, mais moi, je l'ai imaginée"...

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Arnaud Montebourg suspendu ... coup de coeur ou de gueule ?

expressions266

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Royal consolide, Sarkozy rassemble

Lefigaro.fr. Publié le 18 janvier 2007

Actualisé le 18 janvier 2007 : 19h10

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La sixième vague du baromètre Sofres/Figaro Magazine, réalisée juste avant l'investiture de Nicolas Sarkozy, montrait la solidité de la cote de Ségolène Royal dans l'opinion, ainsi que la nécessité de rassemblement  à doite.

Ségolène Royal consolide sa cote dans l'opinion. Réalisée les 10 et 12 janvier, juste avant l'investiture de Nicolas Sarkozy, la sixième vague du baromètre TNS Sofres/Le Figaro Magazine montrait que la candidate socialiste était favorite dans l'opinion. 67% des Français souhaitaient en effet "qu'elle soit candidate" (+4%), contre 60% (+3%) pour Nicolas Sarkozy.

La candidate socialiste restait également en tête des intentions de vote au premier tour, avec 34% contre 29% pour son adversaire UMP. Un avantage que l'on retrouvait au second tour, 42% des sondés souhaitant une victoire de Royal, contre 48% pour Sarkozy.

Lorsque l'on interrogeait les sondés sur leur pronostic, en revanche, ils se montraient plus réservés. Royal et Sarkozy arrivaient à égalité, à 43%, suivis par Le Pen avec 3%. Royal possédait en revanche une avance de 6 points sur son adversaire en terme de souhait de victoire. 38% des sondés souhaitaient la voir élue, contre 32% pour le candidat de l'UMP.

Autre enseignement de ce sondage, l'attitude du chef de l'Etat à l'egard de Nicolas Sarkozy. Jacques Chirac était vu par 44% des Français comme «plutôt opposé à Nicolas Sarkozy».

A noter enfin, la forte popularité de Nicolas Hulot. 50% des sondés souhaitaient en effet que l'animateur écologiste se présente à la présidentielle.

Sondage effectué du 10 au 12 janvier auprès de 1.000 personnes âgées de 18 ans et plus, interrogées en face-à-face à leur domicile. Méthode des quotas

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La bonne fortune du candidat Sarkozy

SONDAGES Le ministre de l’Intérieur a aussi été contraint de dévoiler son patrimoine. Il talonne sa rivale socialiste au premier tour de scrutin.

JOSÉ CARRON
Publié le 19 janvier 2007 dans 24 heures

Il est des jours où l'on ne compte plus sa bonne fortune. Contraint de dévoiler à son tour le montant de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) (1998 euros pour un patrimoine déclaré de 1,137 million d'euros), Nicolas Sarkozy s'employait péniblement à prendre ses distances avec le député UMP à l'origine des suspicions formulées à l'encontre de Ségolène Royal. C'est alors qu'Arnaud Montebourg est venu leur porter secours. «Franchement, quand j'ai entendu çà! Heureusement qu'il est le porte-parole de la candidate!» a commenté avec délices le ministre de l'Intérieur.

Comme toute la classe politique, Nicolas Sarkozy n'en a pas cru ses oreilles! Sans doute regrette-t-il déjà la décision de sa rivale de suspendre le fâcheux tant il est vrai que durant la campagne, les sorties redoutables du député de Saône-et-Loire, rebaptisé «Montebourde» par une camarade socialiste, auraient pu jouer en sa faveur.

Victime de son arrogance naturelle, Arnaud Montebourg a visiblement du mal à faire prendre ses propos pour de l'humour. Il est néanmoins parvenu à occulter le feuilleton des candidats face à l'ISF, où l'on a tout de même appris que, seul des quatre «grands» candidats, le centriste François Bayrou n'y était pas assujetti.

Avant même ces ultimes péripéties, Nicolas Sarkozy achève une première semaine de candidature officielle le vent en poupe. Sa prestation à la Porte de Versailles a visiblement gonflé les voiles de sa campagne, puisque cinq instituts de sondage le créditent de plus 30% au premier tour de scrutin, dont trois à 33%. Il ressert provisoirement l'écart avec Ségolène Royal, qui obtient peu ou prou les mêmes scores, avec quand même une pointe à 35% pour l'institut BVA, contrebalancée par une baisse sensible de 28% pour l'IFOP. Au second tour, Nicolas Sarkozy est donné vainqueur à 52% par l'IFOP et le CSA tandis que la candidate socialiste ne l'emporterait que d'une courte tête (51%) dans un sondage réalisé par BVA.

Au premier tour, Jean-Marie Le Pen pour le Front National obtiendrait 15% selon le CSA, loin devant François Bayrou (9%). Mais le candidat centriste bénéficie néanmoins d'un net courant de sympathie puisque la dernière enquête de l'IFOP le place pour la première fois en troisième position (12%) devant le leader de l'extrême droite. Si Jean-Marie Le Pen paie l'ISF, il rechigne pour sa part à en révéler le montant.


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