16 janvier 2007
Sondage du 16 janvier
Nicolas Sarkozy l'emporterait au second tour, selon l'Ifop
La TRIBUNE, 16/01/2007
PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy reprend l'avantage sur Ségolène Royal et l'emporterait au second tour de l'élection présidentielle, selon un sondage Ifop pour Paris Match effectué lundi, au lendemain de son investiture par l'UMP.
Le président de l'UMP recueille 52% des intentions de vote, contre 48%, alors qu'en novembre dernier la candidate socialiste le devançait (51% contre 49%).
Au premier tour, Nicolas Sarkozy prend la tête et passe de 29% des intentions de vote à 33%, soit un gain de quatre points, tandis que Ségolène Royal, avec 28%, recule d'un point. En novembre, tous deux étaient à égalité avec 29%.
Autre évolution : le président de l'UDF, François Bayrou, gagne un point (12%) et s'empare de la position de "troisième homme" au détriment du président du Front national Jean-Marie Le Pen, qui perd un point (10%).
Le souverainiste Philippe de Villiers monte d'un point (3%), tandis qu'à la gauche de la gauche, Marie-George Buffet en perd un et tombe à 3%, à égalité avec Arlette Laguiller (LO) et derrière Olivier Besancenot (LCR), crédité de 3,5%.
Dominique Voynet, candidate des Verts, reste stable à 2%, de même que l'écologiste Corinne Lepage (1%).
Ce sondage a été effectué le 15 janvier auprès d'un échantillon de 868 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus
Un lancement de campagne réussi ?
LEMONDE.FR | 15.01.07 | 16h57 • Mis à jour le 15.01.07 | 18h58 Campagne de Nicolas Sarkozy : un lancement réussi ?
PrésidentYuFungLAM2007 : Selon les sondages, Sarkozy est-il capable de rassembler au-delà de l'UMP ?
Philippe Ridet : Je ne sais pas s'il en est capable, mais c'est évidemment son intention. Son premier discours de candidat a été truffé de références aux personnalités de l'histoire de la gauche telles que Jaurès, Léon Blum, Mandel et d'autres. Pour Nicolas Sarkozy, le PS a cessé de parler aux travailleurs, et il a bien l'intention d'occuper ce qui constitue, selon lui, un vide.
|
Si l'on en croit le sondage paru ce matin dans Libération, il est celui qui s'adresse le mieux à l'électorat populaire. Et ce, devant Ségolène Royal.
St jacques : Que penser de l'impact sur l'opinion de la référence à Jaurès ?
Philippe Ridet : Un impact sur l'opinion ? C'est trop tôt pour le dire. Mais à coup sûr, cela aura un impact sur la droite. Cette référence lui permet de rompre avec son histoire, avec une partie de ses figures encombrantes (telles que le maréchal Pétain).
François Hollande dénonce une captation d'héritage. Mais la gauche a elle aussi, à certains moments de son histoire, cherché à récupérer des figures de la droite tel le général de Gaulle qui, dans sa pratique des institutions, a largement inspiré François Mitterrand.
Nicolas C. : L'impression de tapage sans possibilité de choix, une droite obligée de se soumettre sans enthousiasme, un président et un premier ministre réticents... ce n'est pas à mon avis une entrée en campagne réussie. Qu'en pensez-vous ?
Philippe Ridet : Exactement le contraire. Qui, aujourd'hui lundi, parle encore de l'absence de Jacques Chirac et de son épouse au congrès d'investiture du candidat ? Qui parle encore de la mauvaise humeur de Dominique de Villepin ou de Jean-Louis Debré ? Le congrès de dimanche a balayé ce que Sarkozy lui-même appelle des "états d'âme".
La famille UMP a été bel et bien rassemblée, même si ce rassemblement illustre plus un rapport de force en faveur de Nicolas Sarkozy que des convictions sincères.
Lafotaki : Quel est selon vous l'impact probable de la qualité d'une entrée en campagne pour la suite ?
Philippe Ridet : Ce qu'on connaît, c'est l'impact d'une entrée en campagne ratée. Celle de Nicolas Sarkozy a été, de l'avis de tous, y compris de la presse de gauche (cf. Libération), réussie.
Le candidat a tenté de balayer les doutes qui subsistent sur sa personnalité. Il a trouvé les mots pour parler de lui. C'est la première fois qu'un candidat réunit 80 000 personnes pour les prendre à témoin de ses "souffrances, de ses peines et de ses échecs". C'est inédit, et plutôt gonflé.
Mais Sarkozy se devait d'exprimer une part de sa vérité. Avant lui, Jacques Chirac et Lionel Jospin, en 1995, avaient fait la même chose. L'entourage de l'actuel président de la République expliquait à l'époque que le président "s'était rejoint", une manière de dire qu'il était enfin lui-même, et non plus cet homme pressé et avide de médias qu'il était apparu. Quant à Lionel Jospin, il avait lui aussi tenté d'exprimer ce travail sur lui-même en expliquant qu'il avait "fendu l'armure".
Weinaiko : Nicolas Sarkozy a-t-il donné des indices sur le moment auquel il quittera le gouvernement ?
Patrick32 : Selon vous quelle est la meilleure date pour quitter son poste de ministre et se consacrer aux élections ?
Philippe Ridet : Sarkozy n'a donné aucune indication, du moins dans son discours, sur la date à laquelle il quittera le gouvernement. Le plus probable, d'après les confidences qu'il a faites ici ou là, est qu'il quittera le gouvernement à la fin du mois de février ou dans les tout premiers jours de mars, une fois que le Parlement aura achevé ses travaux et que le Congrès se sera réuni à Versailles.
On peut supposer que le moment choisi dépendra aussi de Jacques Chirac. Nicolas Sarkozy espère que son départ se fera en plein accord avec lui. Selon lui, le meilleur scénario serait de partir une fois que Jacques Chirac aura indiqué qu'il ne sera pas candidat, de manière à ne pas paraître lui forcer la main.
Pierre_Messmer : Comment interprétez-vous les 30 % d'adhérents de l'UMP qui n'ont pas participé au vote d'investiture de Nicolas Sarkozy ? S'agit-il des chiraquiens purs et durs qui pourraient donner des idées à Villepin ? Cela fait quand même un tiers du parti...
Philippe Ridet : C'est votre analyse. Ce chiffre doit être relativisé par l'absence d'enjeu. Que près de 70 % des militants prennent la peine de voter dans un scrutin au résultat connu d'avance ne me paraît pas si mal. En tout cas, il y a plus d'adhérents de l'UMP qui auront voté Sarkozy que d'adhérents du PS qui auront voté Ségolène Royal. Je rappelle, en outre, que le précédent vote sur le programme de l'UMP n'a motivé quant à lui que 50 % des adhérents du parti. Y a-t-il parmi eux des chiraquiens ? On peut le supposer. Des villepinistes ? On peut l'imaginer. Mais je ne suis pas sûr que l'addition des uns et des autres représente actuellement 30 % des militants de l'UMP.
Nouska : Est-ce qu'on peut considérer son discours comme le programme (au moins en partie) du candidat ? Comment analysez-vous le choix de ses thèmes de campagne ?
Philippe Ridet : Ce discours ne contient pas – loin de là – tout le programme du candidat. Nicolas Sarkozy s'est contenté de montrer un chemin, une vision. Il s'articule autour de deux ou trois thèmes : la revalorisation du travail, et ce qu'il appelle la "démocratie irréprochable". A eux deux, ces deux thèmes cadrent bien avec les attentes des électeurs. Par la revalorisation du travail, Sarkozy peut traiter du pouvoir d'achat en expliquant que si les Français travaillent plus ils gagneront plus. Quant à la démocratie irréprochable. , elle lui permet de rompre en douceur avec la pratique des institutions mitterrandienne et chiraquienne, soit vingt ans marqués par les affaires politico-financières;
Docnabo : Le nouveau Sarkozy est arrivé. Il a "changé". Comment le qualifieriez-vous ?
Philippe Ridet : C'est du moins ce qu'il veut faire croire. Il s'efforce d'apparaître davantage en empathie avec les Français, et avec leurs difficultés. Ce changement ne saute pas forcément aux yeux du profane. Mais il est indéniable qu'il fait des efforts. Il essaie notamment d'employer une gestuelle plus enveloppante, moins saccadée. C'est une métamorphose par petites touches. Il lui reste cent jours pour convaincre qu'elle est achevée.
|
Mike : Comment jugez-vous le fait que dans un récent sondage, 51 % des Français disent avoir peur de Sarkozy ?
Philippe Ridet : C'est toute sa difficulté. C'est aussi la raison pour laquelle le candidat a tant parlé de lui-même. Il paie aussi son rôle de ministre de l'intérieur. Le chef de la police est rarement aimé. Même s'il est respecté. Or un candidat doit susciter une forme d'amour pour que l'élection ne se réduise pas à un simple référendum pour ou contre lui.
Meboy37 : Royal, devant un homme comme Sarkozy, doit-elle accélérer le mouvement, selon vous ?
Philippe Ridet : Je n'ai pas de conseil à lui donner, mais elle courrait le risque de s'asphyxier à vouloir le suivre dans une campagne dont le rythme serait imposé par Sarkozy. Il est évident que celui-ci va chercher à multiplier les prises de parole, les idées, les propositions. Il ne me semble pas qu'elle soit prête, en raison de certains désaccords programmatiques avec le Parti socialiste, à pouvoir rivaliser sur ce terrain avec Nicolas Sarkozy. Mais la question doit être en ce moment âprement débattue dans son entourage.
Irie : Comment se passe le premier déplacement de Sarkozy en tant que candidat officiel de l'UMP à la présidentielle ?
Philippe Ridet : Nicolas Sarkozy a placé son premier déplacement sous le double signe de la spiritualité et du séculier. Ce matin, il a visité l'abbaye du Mont-Saint-Michel en expliquant qu'il rendait hommage ainsi à ce que l'homme avait fait de mieux. Cet après-midi, il a enchaîné avec une visite d'une usine de fabrication de surimi. L'occasion cette fois d'enclencher son discours sur le travail. Et en ce moment, il parle devant les militants de l'UMP du département.
C'est une visite "trois en un", d'une certaine façon. Le candidat est visiblement satisfait des échos de son discours d'hier et, plus encore, de l'éditorial paru ce matin dans Libération dans lequel Laurent Joffrin explique que la gauche a du souci à se faire. Il me semble que la dynamique de campagne est au rendez-vous, mais, dans l'entourage du candidat, certains estiment que la domination apparente de Sarkozy sur Ségolène Royal arrive peut-être un peu trop tôt.
Neila : Que s'est-il réellement passé lors du congrès entre Villepin et Sarkozy ? Selon les rumeurs circulant hier, l'entrevue entre les deux hommes se serait très mal passée. Qu'en pensez-vous ?
Philippe Ridet : Impossible à dire. La presse a été tenue à l'écart des politiques. Le plan de salle était tel qu'il était impossible aux journalistes d'accéder aux élus, et plus encore au candidat. Ce que je sais, c'est que le premier ministre a été "escamoté". M. Sarkozy est allé l'accueillir à son arrivée et ne l'a pas lâché d'une semelle jusqu'à son départ pour éviter qu'il ne soit sifflé ou mal accueilli par les militants qu'il aurait pu croiser. Mais l'immense majorité du public n'a même pas su que le premier ministre était là. Le circuit intérieur de télévision n'a montré aucune image, et son arrivée n'a pas été annoncée
Sarkozy met un site web au coeur de sa campagne
Par Capucine Cousin
ZDNet France
15 janvier 2007
Société - Avec un budget de 80.000 euros, le site sarkozy.fr sera le support de communication officielle du président de l'UMP pour la campagne présidentielle. Un site de militants et une action de blogueurs militants viendront compléter le dispositif.
La campagne de Nicolas Sarkozy est officiellement lancée sur le web depuis le 14 janvier. Avec Sarkozy.fr, le candidat de l'UMP dispose désormais du support de communication officiel pour sa course vers l'Elysée, supplantant le site officiel de son parti qui redirigera désormais les internautes vers cette nouvelle adresse.
Doté d'un budget de 80.000 euros, le site est piloté par un trio: le publicitaire François de la Brosse (cofondateur de l'agence ZNZ), l'écrivain José Frèches et Cecilia Sarkozy, épouse du candidat.
«Une dizaine de personnes sont chargées du back office et du front office, dont trois caméramen», précise José Frèches à ZDNet.fr. Des bénévoles de l'UMP devraient ensuite y participer. «Ce site sera le média du candidat. Par exemple, Nicolas Sarkozy ou ses porte-parole pourront y réagir de façon immédiate aux propos tenus par un de ses adversaires politiques dans le journal de 20 heures» poursuit François de la Brosse.
Blogueurs appelés à la rescousse
Outre la présentation du candidat et de son programme, il contient un bouquet intitulé NSTV (Nicolas Sarkozy TV, Ndlr) qui propose des vidéos du candidat (ses discours, ses déplacements, etc). Une «chaîne internationale» présente le programme du candidat en chinois et devrait bientôt être traduit en russe, en anglais et en espagnol.
Second volet du disposif de la campagne en ligne, le site "Lessupportersdesarkozy.com" ouvrira le 5 février sous la houlette d'Arnaud Dassier, directeur associé de la web agency L'Enchanteur des nouveaux médias, et du député UMP Yves Jégo. Objectif: mobiliser et coordonner les équipes de militants. Enfin, Loïc Le Meur, patron de la plate-forme de blogs Six Apart en Europe, animera une «campagne participative» avec une équipe de blogueurs militants de l'UMP
Nicolas Sarkozy met la dernière main à son dispositif de campagne
[ Les Echos 16/01/07 ]
L'équipe opérationnelle du candidat UMP à la présidentielle est en place au QG de campagne, situé rue d'Enghien dans le 10e arrondissement. Le comité politique, que dirigera François Fillon, fait l'objet d'ultimes arbitrages ce matin.
Etre ou ne pas être dans le comité politique du candidat Sarkozy. Les places sont chères et donc... chèrement disputées au sein de l'UMP : tout juste désigné par son parti candidat à la présidentielle, Nicolas Sarkozy met cette semaine la dernière main à son dispositif de campagne et suscite les appétits. Une réunion de l'équipe dirigeante de l'UMP est prévue ce matin pour rendre les derniers arbitrages.
Hier, le candidat s'est installé dans son QG de campagne, situé 18, rue d'Enghien, dans le 10e arrondissement de Paris, avant de faire son premier déplacement en province, au Mont-Saint- Michel. Prendre possession des lieux, « c'est une étape de plus, tranquille », s'est-il félicité.
Ouverture et rassemblement
Son équipe opérationnelle est déjà installée. Claude Guéant, son directeur de cabinet depuis 2002, a quitté hier le ministère de l'Intérieur pour devenir directeur de campagne. Deux porte-parole de campagne ont été nommés, Rachida Dati et Xavier Bertrand (lire ci-dessous). Henri Guaino et Emmanuelle Mignon - chargée des études à l'UMP - se sont installés rue d'Enghien et seront chargés des discours. La cellule presse, pilotée par Frank Louvrier, a elle aussi déménagé, ainsi qu'Eric Woerth, le trésorier.
Reste à mettre sur pied le comité politique, que dirigera François Fillon. Chacun rêve d'y avoir une place, d'autant que Nicolas Sarkozy a promis ouverture et rassemblement à toutes les sensibilités du parti et à ceux qui l'ont récemment rallié.
Mais pour être efficace, l'équipe ne doit pas être pléthorique et devrait compter une quinzaine de membres. On y trouvera notamment l'équipe dirigeante du parti : Brice Hortefeux, Patrick Devedjian, Pierre Méhaignerie, Gérard Longuet.... Des personnalités se verront en outre confier des missions particulières. Ainsi, Jean-François Copé, l'actuel ministre délégué au Budget, devrait être désigné « intervenant » pour porter la réplique à la gauche sur les plateaux télévisés.
Place pivot pour Cécilia
Plus effacée médiatiquement que dans le passé, Cécilia Sarkozy, l'épouse du candidat, dispose d'une place pivot dans le dispositif de campagne. Claude Guéant l'a d'ailleurs confirmé hier matin. « Elle joue un rôle important », a-t-il indiqué sur RTL, « son apport est extrêmement précieux ».
Pour résoudre son "problème de deuxième tour", Sarkozy doit "changer" sans dévier, par E. Dupin
L'ANALYSE D'ÉRIC DUPIN pour le Figaro.
Publié le 16 janvier 2007
Actualisé le 16 janvier 2007 : 09h12
![]()
Les choses sérieuses commencent. La campagne présidentielle, qui intéresse déjà les Français plus que d'ordinaire, s'ouvre réellement avec la désignation des principaux candidats. Il était temps, pour Nicolas Sarkozy, dans la mesure où la précampagne, dominée par le phénomène Ségolène Royal, lui a été plutôt défavorable. En 2006, le candidat de l'UMP a vu fondre son avance sur celle du PS en intentions de vote de premier tour : de quatre points à zéro (mai à décembre) pour TNS-Sofres et même de huit points à un (février à janvier 2007) chez Ipsos. Au second tour, enquêtes qui doivent être considérées avec encore plus de prudence, aucun institut n'accorde désormais plus de 50 % des suffrages potentiels à Sarkozy.
Le candidat de l'UMP est sans conteste plus expérimenté en matière électorale que la candidate socialiste, qui n'a mené que des campagnes locales ou régionales. Mais ses performances dans ce domaine sont sujettes à débat. Pour un homme de droite, se faire élire à Neuilly-sur-Seine ne constitue pas un exploit. Les quelques campagnes nationales dans lesquelles Sarkozy a occupé les premiers rôles n'ont pas été des succès : échec d'Édouard Balladur en 1995, déroute de la liste conduite avec Alain Madelin en 1999 ou encore rejet de la Constitution européenne en 2005. Si le champion de la droite républicaine sait convaincre et s'imposer, il n'a toujours pas fait la preuve de sa capacité à séduire et à rassembler.
L'équation qu'il lui faut désormais résoudre est presque l'inverse de celle à laquelle Ségolène Royal est confrontée. Solidement calé à droite, Sarkozy a surtout un problème de second tour, alors que sa concurrente doit maintenant solidifier son enviable potentiel électoral. L'une sera invitée à densifier son message, l'autre à élargir son créneau. Chacun sait que le tour décisif est celui où l'électeur élimine plus qu'il ne choisit. Or, sur ce plan, Royal et Sarkozy ne sont pas, à ce jour, en positions égales. Pour des raisons diverses, plus nombreux sont ceux qui craignent une victoire du second qu'un succès de la première.
En apparence, c'est surtout une affaire de personnalités et de caractères. L'image de Sarkozy présente de curieux paradoxes. Voilà un homme jugé par les Français (1) « dynamique » (89 %), « courageux » (80 %), sachant « où il va » (73 %), ayant « le sens de l'État » (69 %), « compétent » (68 %), maîtrisant « ses dossiers » (66 %), ayant « un vrai projet pour la France » (64 %) ou encore une « stature internationale » (55 %). Or seulement 48 % (contre 45 %) pensent qu'il « ferait un bon président de la République ». Dans cette enquête CSA, le seul reproche majoritairement adressé à Sarkozy, au demeurant considéré comme « sympathique » (59 %), est de ne pas être « suffisamment à l'écoute de tous les Français » (54 %).
Un sondage Ifop (2) confirme cette faiblesse : Sarkozy est considéré comme quelqu'un qui a la « stature d'un chef d'État » (59 %), propose des « solutions nouvelles pour la France » (62 %) et même « comprend les préoccupations et les inquiétudes des gens » (54 %). Simplement, il les « inquiète » (51 %). Conscient de ce handicap d'image, Sarkozy a lourdement répété, dans son discours d'investiture, qu'il avait « changé ». Le problème est que ce genre de mutation se constate plus qu'il ne se proclame. Et aussi que cette réserve des Français est également d'ordre politique.
Le projet porté par Sarkozy inquiète une partie de l'opinion. À cet égard, le slogan « tout devient possible » n'est pas très rassurant. Le défi le plus important, pour le candidat de l'UMP, est de présenter aux électeurs une orientation à la fois claire et potentiellement majoritaire. Déstabilisé par le surgissement de Royal, Sarkozy a, ces derniers mois, brouillé sa cohérence en gauchisant son propos au point d'apparaître parfois comme l'héritier de la démagogie chiraquienne. Devant le congrès de l'UMP, il a toutefois prononcé un discours d'une facture classiquement de droite. Le véritable infléchissement de son propos, par rapport à ses orientations antérieures, consiste en une volonté désormais bien affirmée de faire vibrer la corde patriotique.
Édouard Balladur a sans doute raison de lui conseiller de faire « du Sarkozy » plutôt que de tenter un improbable « cocktail de réformes contradictoires ». Rien ne prouve qu'un projet mêlant libéralisme tempéré et défense des valeurs traditionnelles ne puisse être majoritaire dans la France d'aujourd'hui. Fort de choix politiques désormais bien rodés, le candidat de l'UMP va chercher à rassurer et à conquérir de nouveaux soutiens. À l'inverse, contrainte un jour ou l'autre de clarifier ses options, la candidate du PS risquera de mécontenter les uns ou les autres.
Encore ce raisonnement suppose-t-il que les Français assistent à un véritable débat présidentiel. Si Sarkozy ne parvient pas à imposer une confrontation sur les solutions à apporter aux problèmes du pays, la bataille d'images a des chances de tourner en sa défaveur. La candidate de la demande, celle qui incarne, disposerait alors d'un bel avantage sur le candidat de l'offre politique, celui qui propose. Pour contraindre sa partenaire à la discussion de fond, Sarkozy ne peut mettre son drapeau dans sa poche.
* Journaliste, enseignant à Sciences Po
(1) Enquête CSA-Le Parisien-Aujourd'hui en France-i-télé réalisée les 10 et 11 janvier 2007 auprès de 932 personnes. (2) Enquête Ifop-Journal du dimanche, 964 personnes interrogées les 11 et 12 janvier.
« La candidate de la demande, celle qui incarne, tentera de maintenir son avantage face au candidat de l'offre, celui qui propose
Villepin salue "la vision pour la France" de Sarkozy
L'Express, mardi 16 janvier 2007, mis à jour à 13:28
Dominique de Villepin a déclaré que Nicolas Sarkozy avait présenté "une véritable vision pour le pays" dans son discours d'investiture de candidat à l'élection présidentielle, dimanche, lors du congrès de l'UMP.
"C'est un discours qui présente une véritable vision pour la France, donc je salue la vision qui a été présentée", a dit le Premier ministre à des journalistes en marge de ses voeux à la presse.
Dominique de Villepin, qui n'a fait qu'un saut de 35 minutes, presque incognito, au congrès de l'UMP, n'est pas resté pour entendre le discours de Nicolas Sarkozy. Il a cependant précisé qu'il l'avait lu.
Il a estimé que le ministre de l'Intérieur avait présenté une "vision sereine qui permet d'éclairer les choses (...), à la mesure de l'ambition que les Français ont pour leur pays".
"Mais rien ne vaut un vrai débat démocratique", a-t-il averti. "Or, un débat démocratique c'est par définition la confrontation des idées et des expériences et c'est aller au-delà des simples déclarations."
"Pour avoir un véritable débat, il faut le vouloir et il faut que les conditions de décision et d'action soient véritablement réunies", a insisté le Premier ministre.
Prié de préciser le rôle qu'il jouerait pendant la campagne, il a dit qu'il en parlerait cette semaine avec le candidat.
"Je rencontre Nicolas Sarkozy cette semaine. On aura l'occasion d'en parler", a-t-il déclaré. "Dans une campagne, il y a des rendez-vous, il y a des rythmes, il y a des étapes et chacun fait une campagne en fonction de sa position - moi je suis Premier ministre - de ses convictions, de ses fidélités, de ses idéaux et de ce à quoi il aspire pour la France."
"L'UNITE ET LE RASSEMBLEMENT CE SONT DES GESTES"
"Moi, comme chef de gouvernement, je suis évidemment parmi ceux qui peuvent apporter leur expérience, leur témoignage. Et puis, surtout, je me heurte tous les jours aux difficultés auxquelles se heurtera le prochain Premier ministre", a souligné Dominique de Villepin.
Il n'est cependant pas allé jusqu'à déclarer son soutien au candidat Nicolas Sarkozy.
"Je suis un homme constant et un homme fidèle", a-t-il dit. "J'ai expliqué pourquoi je ne pouvais pas me prononcer dimanche (...) Ces raisons-là n'ont pas changé."
Le Premier ministre a expliqué il y a une dizaine de jours sur Canal Plus qu'il ne pourrait se prononcer sur la candidature de Nicolas Sarkozy tant que le président Jacques Chirac ne se serait pas exprimé sur ses propres intentions.
"L'unité et le rassemblement ce n'est pas une image, ce n'est pas une photographie. L'unité et le rassemblement ce sont des gestes, ce sont des paroles, ce sont des actions", a souligné le Premier ministre.
Il a également réaffirmé que la date du départ de Nicolas Sarkozy du gouvernement était "d'abord de la responsabilité" du ministre de l'Intérieur.
"Ça dépend de la campagne qu'il veut faire, de la façon dont il veut la mener. L'important pour moi c'est que le travail des ministres soit fait et dans de bonnes conditions au service des Français", a-t-il déclaré
Sarkozy donné gagnant après son investiture
Lefigaro.fr (avec AFP). Publié le 16 janvier 2007
Actualisé le 16 janvier 2007 : 12h35
![]()
Pour la première fois, l’enquête Ifop/Paris Match indique que le candidat de l’UMP l’emporterait au second tour, avec 4 points d’avance sur sa rivale socialiste. Un retournement de tendance : les précédentes éditions de cette enquête plaçaient toujours Ségolène Royal en tête.
Signe d’un tournant ou simple réaction conjoncturelle ? L’avenir le dira. Mais l’investiture dimanche de Nicolas Sarkozy comme candidat de l’UMP à la présidentielle semble avoir des effets sur l’opinion.
Pour le premier sondage réalisé depuis cette investiture, en effet, le ministre de l’Intérieur repasse devant sa concurrente socialiste dans une enquête Ifop pour Paris Match. L’écart d’intentions de vote au second tour qui les sépare est conséquent : quatre points, à 52% contre 48%.
Soit trois points de hausse pour Nicolas Sarkozy et autant de baisse pour Ségolène Royal. La précédente enquête de l’Ifop, réalisée les 17 et 18 novembre, au lendemain de l’investiture de la présidente de Poitou-Charentes, la donnait gagnant au second tour à 51% contre 49%.
Chirac à 5% au premier tour
Dans un autre sondage, réalisé début janvier par le même institut, et qui l’opposait à son adversaire de l’UMP, Ségolène Royal bénéficiait d’un avantage de 4 points, à 50% contre 46%. La même enquête la plaçait au troisième rang des personnalités les plus populaires, Nicolas Sarkozy se situant à la 10e place.
Selon l’enquête Ifop / Paris-Match, le candidat UMP arriverait en tête au premier tour avec 33% (+4 points), contre 28% pour sa concurrente PS. Avec 12% des voix, François Bayrou devancerait, pour la première fois, Jean-Marie Le Pen, placé à 10% d’intentions de vote. Enfin, si Jacques Chirac décidait de se représenter, il n’obtiendrait que 5% des voix.
Sondage réalisé par téléphone le 15 janvier auprès d'un échantillon national de 817 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus, inscrites sur les listes électorales (méthode des quotas).
1er déplacement de campagne
LE MONDE | 16.01.07 | 13h59 • Mis à jour le 16.01.07 | 13h59 LE MONT-SAINT-MICHEL (Manche) ENVOYÉ SPÉCIAL Au Mont-Saint-Michel, M. Sarkozy se fait humble mais ses conseillers jubilent
Alors, a-t-il changé comme il l'a affirmé la veille lors du congrès d'investiture de l'UMP ? Quand Nicolas Sarkozy arrive, en cette matinée brumeuse du 15 janvier, dans la baie du Mont-Saint-Michel pour sa première sortie de candidat officiel, on guette les signes de sa métamorphose : une berline crème aux vitres non teintées remplace sa voiture blindée de ministre, le service d'ordre est ostensiblement discret. Le dress code du jour : col roulé pour tout le monde. M. Sarkozy a choisi le bleu marine ; bien inspiré, Philippe Douste-Blazy, qui achève son ralliement et l'accompagne, a opté pour le gris. Les frais de déplacement, assure l'entourage, sont pris en charge par le compte de campagne.
"LA PRESSE EST BONNE"
|
Les propos se font humbles, inspirés par la magie du lieu. Pourquoi le Mont-Saint-Michel ? "Parce que, répond M. Sarkozy, c'est la rencontre de la spiritualité et du travail des hommes." Apparemment détaché des choses du monde, il bavarde avec Frère François et Soeur Judith, de la Fraternité monastique de Jérusalem dans les ruelles étroites de la cité. "On prie pour la France et le monde politique", explique le moine. "On en aura bien besoin", confesse M. Sarkozy, en pénitent. "C'est un long chemin, je veux rester humble. Rien n'est fait. Je veux aller à la rencontre des Français", répète-t-il à la centaine de journalistes présents.
Mais ses conseillers ont l'humilité moins discrète. Les échos du congrès d'investiture sont encourageants. "La presse est bonne", dit-on. Un article surtout n'a pas échappé à l'entourage du président de l'UMP. L'éditorial du quotidien Libération du jour, signé du directeur du journal, Laurent Joffrin. "On dira beaucoup de choses, écrit le journaliste, mais on devra en reconnaître une : le candidat de la droite a produit une performance impressionnante."
"Tu as lu le Joffrin ?", lance-t-on avec un demi-sourire contenant avec peine une jubilation intense. "Depuis quelques jours, des sondages montrent que Ségolène Royal s'effrite, explique Jean-Michel Goudard, conseiller en stratégie du candidat. Elle ne fait qu'esquiver, elle va le payer." Mais pour le publicitaire, ancien concepteur de la campagne de Jacques Chirac en 1995, "cela arrive peut-être tôt. Cela aurait été mieux fin février". Plongé dans l'admiration de la baie depuis une terrasse de l'abbaye, le candidat ne commente pas : "Je ne suis pas exalté quand tout va bien, confie-t-il. Je ne suis pas désespéré quand tout va mal."
ETOURDERIE ?
Mais à trop vouloir afficher sa sérénité, il en oublie ses classiques. Alors que François Hollande l'accuse de "captation d'héritage", parce que le président de l'UMP a cité Jaurès dans son discours d'investiture, il rétorque : "Il y a quelques années, François Mitterrand dans une réplique superbe avait dit : 'Vous n'avez pas le monopole du coeur.' Je laisserai le sectarisme à tous ceux qui veulent être sectaires." Pas de chance. Cette phrase a été prononcée par Valéry Giscard d'Estaing lors du débat télévisé de l'entre-deux-tours en 1974. Elle lui avait permis de prendre le meilleur sur son adversaire socialiste.
Etourderie ? Excès de confiance ? Flagrant délit d'ignorance ? Il reste à M. Sarkozy un petit peu moins de cent jours pour potasser le bréviaire du socialisme français








